University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
The State of Wisconsin Collection

Page View

Ducat, Jean / Brabançons au Nouveau Monde : contribution à l'étude de l'émigration de Belgique méridionale vers les Amériques au 19e siècle
(2000)

Première partie,   pp. 5-16 PDF (3.7 MB)


Page 11

     Les prix étaient parfois réduits du tiers ou de
la moitié
pour un en1~nt de
 moins de 14 ans. En dessous de deux ans, l'enfant était considéré
comme un
 nourrisson et ne figurait pas toujours sur la liste des passagers.
 5. Concurrence entre armateurs
     Dès 1839, la concurrence entre compagnies de navigation,
armateurs
et
 ports d'embarquement devint sévere. Elle allait devenir acharnée,
tous
 essayaient par des baisses de tarifs, de canaliser vers eux le flot des
émigrants
et d'inciter les hésitants à s'expatrier. A partir
de 1845,
nombre de
messageries maritimes diffusaient des tracts, ouvraient des agences régionales
et publiaient dans les journaux des annonces - souvent trompeuses - vantant
tel ou tel navire pour sa rapidité et sa sécurité,
un
capitaine pour son
expérience, un port. les conditions du voyage transatlantique,
etc.
     Brème et Hambourg s'inquiétant devant l'affluence
des
clients allemands
qui se dirigeaient vers le Havre et Anvers, leurs principaux rivaux avec
Rotterdam, Londres et Liverpool, la Chambre de Commerce de Brème
fit
ouvrir une enquête pour constater ce qui, somme toute était
logique: le trajet
terrestre en direction du Havre et d'Anvers était plus court et
moins
onéreux
pour les émigrants du Sud de l'Allemagne et de la région
rhénane.
De plus,
la position géographique de ces deux ports permettait de gagner
quelques
jours sur la traversée, redoutée par de nombreux partants,
et sur les prix.
Enfin, des firmes allemandes cherchaient presque à domicile leurs
clients,
alors que les chemins de fer belges accordaient, dès les années
1850, une
réduction pour les transports de groupe, la gratuité
pour les
bagages, tout ai
humanisant: un meilleur accueil, conseils aux voyageurs, renseignements,
etc.
~.   %miIIes et professions des émigrants
     Nous avons constaté que les émigrants issus du
milieu
rural, partis entre
1820 et 1870, s'expatrièrent pour une large majorité
par familles
entières. Au
cours des années suivantes, la proportion des partants seuls fut
plus
grande.
Les familles nombreuses furent la norme et l'âge des chefs de famille
variait le
plus souvent entre trente et cinquante ans.
     On voit aussi que six familles sur dix étaient unies par
des
liens
familiaux: ils  étaient frères, soeurs, oncles, neveux
et cousins.
Les
professions déclarées sont journaliers agricoles, aoûterons,
ouvriers qualifiés:
maçons, briquetiers, cordonniers, charpentiers, sabotiers, forgerons,
etc.
     Dans son livre «Les migrations urbaines », Paris
1970, J.
DOLLOT
écrit: «  ... les émigrants français
contrairement
aux Irlandais appartenaient à
des classes moyennement instruites et aisées; ils formaient avec
les
Suisses,
les Belges et les Hollandais une émigration qualitative ».
Sans
conteste,
                               Il


Go up to Top of Page