University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
The State of Wisconsin Collection

Page View

Ducat, Jean / Brabançons au Nouveau Monde : contribution à l'étude de l'émigration de Belgique méridionale vers les Amériques au 19e siècle
(2000)

Première partie,   pp. 5-16 PDF (3.7 MB)


Page 6

     Il s'agit des «Push factors» des démographes.
En
effet, victimes de
 difficultés de tous ordres, telles que crises socio-économiques,
surpopulation,
 épidémies, ils fuient une région devenue
répulsive.
La Belgique récemment
 séparée de la Hollande, de son commerce prospère
et
de ses colonies traverse
 une période difficile.
     Léopold 1er, afin de surmonter les détresses du
jeune
royaume avait
 suggéré à ses ministres le remede de l'émigration
vers des colonies a creer.
 Selon lui, le pays devait éviter l'asphyxie économique
en
trouvant des
 débouchés pour des produits manufacturés
et de nouvelles
sources dc matières
 premières.
     C'était une nécessité urgente car,
de 1840 à
1855, la situation du pays
 était confuse. Sur quatre millions d'habitants, les deux tiers
vivaient
de
 l'agriculture et un tiers de l'industrie.
     Malheureusement, les procédés d'exploitation agricole
étaient surannés
 et les propriétaires terriens refusaient d'aider leurs métayers
à sortir du
 marasme.
    Dans l'industrie,  les progrès du capitalisme et du machinisme
bouleversaient l'ordre social.
    De son côté, le gouvernement dirigé par
deux partis
conservateurs, les
Catholiques et les Libéraux, se confmait dans un protectionnisme
timide,
donc incohérent flice à une situation inquiétante.
    En effet, en plusieurs provinces, un individu sur trois dépendait
de
l'assistance publique. En outre, compte tenu de l'accroissement démogra-
phique, les terres disponibles étaient insuffisantes et trop peu
productives.
Le
cultivateur, de son côté, n'était pas équipé
pour prévenir ou lutter contre les
maladies des céréales et de la pomme de terre.
    Les disettes, la malnutrition engendraient les épidémies.
Il y eut de
nombreux tuberculeux et épileptiques. La misère augmentait
les risques de
l'alcoolisme, de la violence et avec elle, ceux de la criminalité
et de
l'agitation sociale.
    Des sociologues et autres intellectuels bien pensants préconisèrent
une
émigration subsidiée comme remède d'extinction
du paupérisme.
De 1849 à
1852, le gouvernement belge accorda des avances à des pensionnaires
de
dépôts de mendicité pour animer la colonie
Sainte-Marie
en Pennsylvanie.
Trop habitués à vivre de la charité publique,
trop faibles
pour mener la vie de
colon, peu motivés, ils dilapidèrent les deniers publics.
Un
autre échec avait
précédé ce premier, il eut lieu à
Santo Tomas
du Guatemala, de 1842 à 1848.
    Le seul mode d'émigration qui connut un réel succès
fut celui où
l'émigré prenait à son compte à
la fois tous
les frais et les risques de
l'exploitation.
                                 6


Go up to Top of Page