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Defnet, Mary A.; Ducat, Jean; Eggerickx, Thierry; Poulain, Michel / From Grez-Doiceau to Wisconsin : contribution à l'étude de l'émigration wallonne vers les États-Unis d'Amérique au XIXème siècle
(1986)

Introduction (French),   pp. [27]-47 PDF (7.8 MB)


Page 47

 DE GREZ-DOICEAU AU WISCONSIN                                           
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 dans le hameau de Bayarmont, la moitié de l'effectif total de
la
population émigrera;
 cette proportion sera d'un tiers à Royenne.
       En analysant la structure par âge mais aussi la situation
familiale
et socio-
 professionnelle des émigrés, on remarque que la proportion
de célibataires y est très
 faible alors que ceux-ci étaient classiquement majoritaires dans
les flux d'émigration
 vers Bruxelles ou Charleroi. Ici, ce sont de jeunes ménages,
bien
souvent avec des
 enfants en bas âge, qui émigrent. Quant aux professions,
on
retrouve de nombreux
journaliers, agricoles pour la plupart, et quelques ouvriers.  A l'examen
des actes
 notariés détaillant la vente de leurs biens par les
émigrants
à la veille de leur départ,
 il apparaît clairement qu'ils ne possèdent que peu
de biens,
et que si propriétaires ils
 sont, ce n'est que de quelques ares. Parmi les 425 émigrants,
plus
de 200 étaient
 âgés de moins de 20 ans, près de 150 autres
avaient
entre 20 et 40 ans, une
soixantaine seulement avaient plus de 40 ans. Evidemment on dénombre
un peu
plus d'hommes que de femmes, mais c'est principalement le fait des célibataires.
Compte tenu des conditions de vie qu'ils savaient devoir rencontrer sur le
sol
américain, ces caractéristiques sont attendues: une
majorité
de jeunes ménages de
condition pauvre, une dizaine de couples ayant même manifestement
contracté
mariage avant le départ.  On comprend que la .recherche de l'âme
soeur outre-
atlantique allait s'avérer moins aisée...
       Mais nous ne souhaitons pas clôturer cette première
contribution
à l'étude de
l'émigration  wallonne  vers l'Amérique   du  Nord,
contribution
    qui s'arrête
volontairement avec l'installation des pionniers sur le sol américain,
sans citer un
extrait de lettre faisant le point sur les premiers temps vécus
par
nos pionniers
gréziens là-bas, quelque part au Wisconsin, à
une vingtaine
de miles au nord-est de
Green bay. Alors que l'émigration vers les Etats-Unis a momentanément
pris fin, et
que les lettres envoyées du Nouveau Monde se font plus "réalistes",
Charles
LJIOST, le lier Mai 1857, écrivit à son frère
une lettre
le rassurant sur sa condition
au Wisconsin
       "Cher frère on vous a dit ou vous pensez vous-même
que nous sommes
malheureux, mon cher frère, (...), nous ne sommes pas malheureux,
au contraire, je
remercie le Seigneur de m'avoir conduit dans un si bon pays, surtout pour
le
cultivateur. Celui qui dit qu'on est malheureux ici, je dirais bien qu'il
est dehors de
la grâce de Dieu car nous sommes dans un pays très fertile
et
très productif. Cher
frère, ne vous faites pas de la peine croyant que je suis malheureux,
car je suis plus
heureux que beaucoup de fermiers de vos environs, ce qui est grand c'est
que je suis
indépendant".


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