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Defnet, Mary A.; Ducat, Jean; Eggerickx, Thierry; Poulain, Michel / From Grez-Doiceau to Wisconsin : contribution à l'étude de l'émigration wallonne vers les États-Unis d'Amérique au XIXème siècle
(1986)

Introduction (French),   pp. [27]-47 PDF (7.8 MB)


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 46                                              FROM GREZ-DOICEAU TO WISCONSIN
       L'importance prise par l'émigration dans nos régions
en 1855 et en 1856 ne
 manqua pas d'alerter les autorités locales. Celles-ci y virent
l'amorce
d'une véritable
 catastrophe démographique.   Dans sa séance du   
  17 Juillet
1855, le Conseil
 provincial du Brabant signalait que:
           presque partout, et dans les cantons de Jodoigne, Wavre et Perwez
 surtout, l'émigration prend des proportions considérables"
       L'année suivante, le Commissaire de l'arrondissement de
Nivelles
notait que
 l'émigration vers les Etats-Unis s'est poursuivie dans des proportions
toujours
 croissantes et parla même de "véritables fièvres"
ou de "dépopulation partielle". De
 même, le 7 avril 1856, à la Chambre des Représentants,
un parlementaire se fit
 l'écho d'une pétition signée par les habitants
de la
commune de Mont-Saint-Guibert:
       "Les pétitionnaires signalent à la
Chambre que
l'émigration aux Etats-Unis se
 propage d'une manière effrayante...
       La dénonciation des pratiques de recrutement extensif pratiqué
par les
 armateurs, les cris d'alarme lancés par les Consuls de Belgique
aux
Etats-Unis et les
 autorités locales belges modifièrent l'état
d'esprit
des populations et contribuèrent
 plus que probablement à freiner le mouvement d'émigration
dans un contexte socio-
 économique belge en nette amélioration.  Ce phénomène
de départ massif - il a
 touché un Grézien sur six - apparaît par
conséquent
comme un phénomène passager.
 Comparativement aux courants d'émigration vers Bruxelles, la
capitale,
ou Charleroi
et le Hainaut industriel, la distinction est nette : l'émigration
vers l'Amérique
correspond à un phénomène conjoncturel amené
par un ensemble de circonstances
que nous avons tenté de décrire et qui s'est tari de
la même
manière avec le retour
d'une conjoncture économique quelque peu plus favorable pour les
campagnes
brabançonnes. Pourrait-on parIer d'une soupape qui soudain explosa
afin de remédier
au surpeuplement, au sous-emploi et à une pauvreté
devenue
endémique? Certes
l'émigration vers le Nouveau Monde reprendra par la suite mais
jamais
dans les
proportions observées entre 1853 et 1856. Tout semble s'être
passé comme si ce
courant d'émigration avait soulagé momentanément
la
population grézienne de son
surnombre...
     En faisant le bilan démographique de cette vague d'émigration,
on peut tout
d'abord s'intéresser à l'ampleur du phénomène
dans chacun des 9 hameaux. En 1852,
les deux premières familles étaient parties l'une de
Gastuche,
l'autre de Doiceau.
Pour 1853, parmi les 19 ménages ayant quitté le sol
grézien,
7 provenaient de
Doiceau et 5 de Royenne. Pour Doiceau (347 habitants en 1846) mais plus encore
pour Royenne (105 habitants en 1846), il s'agit déjà
d'une
véritable dépopulation qui
dépassera le cinquième de la population à
Royenne. Pour
les années 1855 et 1856,
Hèze tout d'abord, le Centry et Bayarmont ensuite, et enfin Grez
lui-même
fourniront le gros des contingents de pionniers.  Somme toute, la dépopulation
atteindra le chiffre moyen de plus de 13% pour l'ensemble de la commune,
mais,


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