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Ducat, Jean / Brabançons au Nouveau Monde : contribution à l'étude de l'émigration de Belgique méridionale vers les Amériques au 19e siècle
(2000)

Troisieme partie,   pp. 55-66 PDF (3.4 MB)


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     Afin d'éviter l'artillerie ennemie installée sur
des dunes
artificielles,
 GRANT fi creuser durant deux mois un canal de dérivation, la
bataille
dura
 trente jours. Le 17e R.I. Wl y participa avec d'autres régiments,
où l'on
 retrouva d'autres Belges, ainsi le 6e Régiment d'Infanterie du
Missouri
avec
 Joseph LABILLE, originaire de Habay-la-Neuve.
     L'assaut final lut couronné de succès grâce
à
l'action héroïque d'un
 commando-suicide, dont les survivants reçurent la plus haute
distinction
 américaine, à savoir « Medal ofHonor ».
Joseph
LABILLE était du nombre.
     Lors du défilé de la victoire qui se déroula
le
24 mai 1865 à Washington
 D.C., le  17e R.I. Wl représentait l'armée de SIIERMAN.
Les
vétérans du
 régiment avaient été à la peine
durant quarante-deux
mois de combats,
 plusieurs avaient survécu à leurs blessures, d'autres
restèrent
invalides.
Chopitre Il.
Pe5htigo ~re - 1871
    Le petit bourg de Peshtigo, du nom de la rivière, était
un immense
 dépôt de troncs d'arbres venant des innombrables chantiers
forestiers du
 district qui se situe sur la rive occidentale de la Green Bay, juste en
1~ce de la
 colonie wallonne. Entre ces deux points, la distance était relativement
courte,
 ce qui expliqua l'extension du désastre.
    Selon les chroniqueurs, on était le 8 octobre et un été
sec et tropical
s'éternisait, on attendait la pluie depuis le 6 juillet, les ruisseaux
étaient à
sec. Les jours précédants la tornade, des fumées
d'incendie
avaient envahi la
rive occidentale de la baie et l'air y était irrespirable. Soudain,
un phénomène
de tornade se déclencha enflammant tout sur son passage. On dit
que
«le fr
tombait du ciel », c'était des pins déracinés
par la force du vent qui
retombaient plus loin à l'état de torche. Fait incroyable,
ces « torches»
enflammées poussées par un vent d'une force inouïe
traversèrent
la baie et
retombèrent dans la colonie wallonne, sur une largeur comprise
entre
la
chapelle de Soeur Adèle BRICE et Sturgeon Bay.
    Les fermiers qui résistèrent à la panique
labourèrent
à la hâte un cercle de
terre remuée autour des bâtiments, mais le feu venait
aussi
du ciel.
    Tel un véritable miracle, le feu au sol s'arrêta
aux cinq
acres du domaine
réservé à l'école et au couvent
de Soeur Adèle,
là où elle, ses consoeurs et les
enllmts priaient la Providence d'accorder la fin de l'horreur.
    Après cent trente ans, les descendants des témoins
de ce
prodige le
racontent avec vénération.
    A l'heure du bilan, on déplora une vingtaine de morts dans
la
zone
wallonne, et plus d'une centaine d'exploitations détruites à
différents degrés.
    Sans désemparer, tous commencèrent une reconstruction
provisoire
avant
l'hiver.
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