University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
The History Collection

Page View

Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 15 (1923)

Chapitre LXV: Fin des batailles de la Somme et de Verdun (fin juillet-décembre 1916),   pp. 1-[23] PDF (501.8 KB)


Page 18


HISTOIRE ILLUSTRSE DE LA GUERRE DE 19I4
FIN DE L'ANNSE ,9,6         Sur la Somme, ý
SUR LA SOMME              partir du 8 novem-
ET A VERDUN               bre, les mesures pri-
ses sont surtout des dispositions prÈparatoires
ý la grande bataille d'hiver. C'est ainsi que
sont envoyÈs au groupe des armÈes du Nord les
gÈnÈraux de plusieurs corps d'armÈe, 8e, 4e,
j8e, sans parler de l'artillerie,  pour les mettre
dans l'ambiance de la bataille ª. C'est ainsi,
qu'ý la mÍme date, la 3e armÈe (gÈnÈral
Hum-
bert) est introduite sur la partie passive du
front de la Óoe armÈe, en vue d'Ètudier et
d'amÈnager un terrain d'attaque dans le cadre
du projet Ètabli, savoir deux armÈes ayant
chacune trois corps en ligne. La Ire armÈe fera
les mÍmes Ètudes et amÈnagera un terrain
jointif au prÈcÈdent pour trois corps d'armÈe
en ligne. Tout un mouvement de relËve de
corps d'armÈe suit ces dispositions gÈnÈrales.
On Ètudie en mÍme temps avec le gÈnÈral
Douglas Haig une modification profonde dans
la rÈpartition des charges entre les armÈes
franÁaises (fortes de 95 divisions) et les armÈes
britanniques (fortes de 55 divisions) et il
est convenu que celles-ci relËveront immÈ-
diatement (io novembre) les ge et 1oe corps
franÁais qui seront employÈs ailleurs (i).
  L'ensemble de ces prÈparations et de ces
modifications est ÈtudiÈ dans la confÈrence
interalliÈe de Chantilly (i5 novembre). Il en
rÈsulte un accord complet sur le plan d'action
pour I9I7: les armÈes de la coalition seront
prÍtes ý entreprendre les offensives d'ensemble
dËs la premiËre quinzaine de fÈvrier avec tous
les moyens dont elles disposeront.
  SpÈcialement en ce qui concerne le front de
la Somme, il est dÈcidÈ, qu'ý partir du Ier dÈ-
cembre, l'armÈe britannique occupera le front
de la 6e armÈe jusqu'ý Bouchavesnes.
  'out est donc en voie d'accomplissement
sur des donnÈes fortement arrÍtÈes ý cette date
de fin novembre. Les armÈes et les corps d'ar-
  (i) Le roulement total des divisions franÁaises, de fÈvrier
ý novembre i9i6, avait ÈtÈ formidable: ý Verdun,
84 divi-
sions,; sur la Somme, 8i divisions, soit un ensemble de
165relËves pour 95 divisions (J. RrkVOL, L'eßort militaire des
AlliÈs, p. 52).
mÈe nÈcessaires au groupe d'armÈes du Nord
pour la  manoeuvre d'ensemble ª, projetÈe
pour le Ier fÈvrier, sont dÈsignÈs. En atten-
dant, au nord de la Somme, on se tient dans
une attitude dÈfensive tout en multipliant
les opÈrations d'artillerie destinÈes ý entrete-
nir l'usure de l'ennemi.
  Le groupe des armÈes du Centre (gÈnÈral
PÈtain) est averti qu'il participera ý l'offen-
sive par une opÈration de la 5e armÈe qui,
en cas de succËs dans le Nord, coopÈrera ý
l'exploitation, ou, en cas d'arrÍt dans le Nord,
cherchera la rupture du front ennemi. L'opÈ-
ration de la 5e armÈe devra Ítre tenue prÍte
ý partir du 20 fÈvrier.
  Le gÈnÈral Joffre n'a que le temps de signer
cette instruction suprÍme qui achËve le plan
d'ensemble si soigneusement ÈlaborÈ, et dÈjý
mis en voie d'exÈcution. Ayant tout ordonnÈ,
les relËves, les munitions, les artilleries nou-
velles et, en particulier, cette arme d'offen-
sive formidable, les tanks (2), le gÈnÈral Joffre
n'a plus qu'ý surveiller le front ennemi pour
dÈclencher l'attaque ý l'heure opportune;
mais c'est alors qu'il est lui-mÍme appelÈ ý
Paris.
  Avant de dire ce qu'il en advint, il est nÈces-
saire, pour avoir un historique complet des
deux batailles conjuguÈes, Verdun-la Somme,
d'exposer encore ce qui s'Ètait fait ý Verdun
depuis la prise du fort de Vaux, ý la date du
2 novembre.
VERDUN DSGAGS             A Verdun, le mois
,5 DSCEMBRE ,9Ó6        de dÈcembreigi6de-
vait se clore sur un succËs couronnant logique-
ment l'annÈe la plus dure peut-Ítre, mais la
plus fÈconde de la guerre, en attendant celle
de la victoire, et ce fut la rupture complËte,
par le groupe du gÈnÈral Mangin, de la circon-
vallation que l'offensive allemande, commen-
cÈe en fÈvrier, avait portÈe autour de la ville
assiÈgÈe jusqu'ý Vacherauville-Bras.
(2) Lettre au ministre, datÈe du 4 dÈcembre:  La rÈunion
des unitÈs de chars d'assaut, dËs leur constitution, se fait
au camp de Champlieu. Il est indispensable que tout le
monde garde ý leur sujet la discrÈtion la plus absolue. 9


Go up to Top of Page