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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 15 (1923)

Chapitre LXV: Fin des batailles de la Somme et de Verdun (fin juillet-décembre 1916),   pp. 1-[23] PDF (501.8 KB)


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HISTOIRE ILLUSTRSE DE LA GUERRE DE I914
recrues ý l'instruction, et il faut
prÈvoir que d'ici au 3i: dÈcembre,
il nous en faudra encore 350 000
et un million en tout pour main-
tenir les effectifs des unitÈs exis-
tantes... Nous sommes donc ý
court de 350 000 hommes sur les
chiffres garantis, par le Cabinet, au
mois de fÈvrier dernier. (P. 403).
  Telles Ètaient les consta-
tations des esprits les plus
optimistes. Quoi 'd'Èton-
nant si des caractËres moins
solides se demandent com-
ment on~ en sortira. Ajou-.
tez l'impression produite
sur la population de Lon-
dres par la  visite ª redou-
table des Zeppelins. Plus
tard, l'effet sera contraire
et surexcitera' le sentiment
patriotique et l'ardeur bel-
liqueuse. Mais, en ce mo-
ment, c' est plutÙt une vague
de dÈpression
Winston et' Balfour, Ècrit Re-
pington, n'ont cessÈ de ressasser
combien fut inutile la bataille
de la Somme [et c'est au moment
des efforts les plus Ènergiques et
ý l'heure o~ l'armÈe britannique
cueille ses plus beaux lauriers
2~,5 septembrel! Finalement, je
leur demandais ce qu'ils eussent
proposÈ, et ils demeurËrent cois ;
pourtant 'Balfour reconnaÓt que
nous nous trouvions obligÈs ý
quelque effort pour aider les Fran-
Áais ý se tirer d'affaire.  Mainte-
nant, ajouta-t-il, [que nous nlou'.
sommes montrÈs capables d'ac-
complir des sacrifices et que,
d'autre part, Verdun est sauvÈ,
je ne crois Pas que nours ayons
besoin- de continuer. Du reste,
toute'dÈcision incombe exclnsi-   UN  ZEPPELIN     S
vement aux militaires ª (P. 383). <LE', BAS) APR»S L'ALI -RIE,
  Ouoi d'Ètonnant si un tel Ètat d'esprit chez
les membres mÍmes du gouvernement, si l'Ètat
des choses que rÈvËlent, dans la rÈalitÈ, les
chiffres donnÈs-ci-dessus au suj et du recrute-
                   ment des hommes et des
                   disponibilitÈs pour combler
                   les vides effrayants',qui se
                   sont produits dans les rangs,
                   ont leur retentissement
                   jusque sur les dÈcisions du
                   haut commandement bri-
    b.'           ~~~tannique ý l'heure prÈci-
                   sÈment o~ l'armÈe anglaise
                   doit prendre la tÍte et me-
                   ner ý bonne fin cette grande
                   opÈration sur le nord vers
                   laquelle se tournent tous
                   les espoirs.
                      Ce mois d'octobre donne
                   au gÈnÈral Joffre bien du
                   souci. Pour ne parler que
                   du front occidental, c'est
                   le moment o~ Nivelle et
                   Mangin prÈparent leurs
                   grands mouvements offen-
                   sifs sur Douaumont et
                   Vaux; il faut penser sans
                   cesse ý les alimenter en
                   hommes, en munitions, en
                   ressources de toute nature:
                   un Èchec dans une tentative
                   d'une   telle  importance
                   prendrait figure de dÈ-
                   sastre : la France ne peut
                   plus faire de sacrifices, elle
                   est ý bout de ses contin-
                   gents ; ý tout prix, il faut
                   mÈnager la classe 1916 qui
                   arrive sur le front. Sur la
                   Somme, rien n'est possible
                   sans le concours ý fond de
                   l'armÈe britannique ; or, si
                   le front de Somme s'immo-
                   bilise, quelle occasion man-
UR LOND)RES       quÈe et quel dÈcouragement
     LA BRLOUE NGLISEen presence de la stÈrilitÈ
de si longs et si sanglants efforts I
  A tout prix, il faut donc une victoire qui
en rÈalise le bÈnÈfice stratÈgique. Le gÈnÈ-
ral Joffre se dÈcide ý exposer son plan pour
Io


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