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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 15 (1923)

Chapitre LXV: Fin des batailles de la Somme et de Verdun (fin juillet-décembre 1916),   pp. 1-[23] PDF (501.8 KB)


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HISTOIRE ILLUSTRSE DE LA GUERRE DE I9I4
semaines qui suivirent notre avance, poussËrent des contre-
attaques rÈpÈtÈes et trËs costeuses dans le vain
espoir de
recouvrer le terrain perdu. Pendant cette pÈriode, nos gains
aux abords de la Stuff Redoubt ª et de la  Schwaben
Redoubtª furent graduellement augmentÈs et prÈpa-
rËrent les opÈrations futures. J'avais toute confiance
que les troupes pourraient non seulement repousser les
attaques de l'ennemi, mais le chasser entiËrement de ses
derniËres positions de la crÍte...
   L'armÈe anglaise Ètant ainsi couverte par
le nord, le principal objectif restait toujours
d'atteindre Bapaume en combinant la
manoeuvre dÈcisive avec la 6e armÈe franÁaise.
Voici le problËme tel qu'il se posait devant le
gÈnÈral en chef des forces britanniques:
  Sur notre flanc Est, au contraire, il Ètait important de
gagner du terrain. En ce point, l'ennemi possÈdait encore
un puissant systËme de tranchÈes couvrant les villages
de Transloy et de Bouleaucourt, ainsi que la ville de
Bapaume; mais, bien qu'il travaill't avec une h'te fÈbrile,
il n'avait pas encore ÈtÈ capable de construire de trËs
sÈrieuses dÈfenses en arriËre de cette ligne. La rÈsistance
des troupes opposÈes avait sÈrieusement faibli pendant nos
derniËres opÈrations, et il n'y avait pas de raison de sup-
poser que l'e fort nÈcessaire fst au-dessus de nos forces.
LES OPERATIONS           Nous sommes arrivÈs
DE LA SOMME            ý la premiËre quinzaine
JUSQU'AU                d'octobre. Que manque-
ier NOVEMBRE           t-il pour rÈaliser le suc-
cËs dÈcisif et dÈbarrasser le pays de l'occupa-
tion ennemie? Ainsi que vient de le dire Dou-
glas Haig, un effort nouveau sur un ennemi
affaibli et dont on observe le dÈcouragement.
Cette pensÈe est plus fortement encore, si pos-
sible, celle du grand commandement franÁais.
Il sent d'autant plus le besoin d'en finir au
moment o~ il touche le but que, d'autre part,
il est averti, de partout, que les arriËresª
semblent lui Èchapper. A peine le grand succËs
de Combles-Thiepval est-il obtenu que le
haut commandement est obligÈ de renouveler
ses recommandations au sujet de l'Ètat moral.
Le 6 octobre, une instruction gÈnÈrale est en-
voyÈe aux armÈes, indiquant la nÈcessitÈ de
mettre les troupes au courant du but des opÈra-
tions: une action constante est ý exercer au
point de vue moral par les officiers sur les soldats.
  Et il faut tenir grand compte aussi de l'opi-
nion publique anglaise et surtout de la pÈnurie
des ressources en hommes quand on se prÈpare
ý demander ý l'armÈe britannique le principal
effort en direction du nord. Car, dans les do-
cuments anglais apparaissent aussi, ý cette
Èpoque, les mÈfaits de ce que Repington
appelle les cliques pacifiques des ministËres du
Commerce et de l'IntÈrieur. En rÈalitÈ, dit cet
Ècrivain supÈrieurement renseignÈ, la machine
gouvernementale travaillait, jusqu'au dernier
de ses rouages, ý appauvrir les rangs de l'armÈe
et, lorsque tous ces gens se trouvaient acculÈs
ý de graves difficultÈs, ils jouaient aussitÙt
des troubles ouvriers; ce spectre empÍcha tou-
jours lord Kitchener d'arriver aux mesures
vÈritablement Ènergiques ª (p. 406).
   Le gÈnÈral Geddes rend les tribunaux
responsables de la nonchalance que mettent
les recrues ý s'enrÙler, ainsi que de l'abus
des exemptions. Il confirme l'existence       de
i 6oo ooo individus porteurs du brassard ª
(p. 37I).  Macready assure, qu'au point de
vue des exemptions, nous nous trouvons
encore par rapport aux FranÁais dans la pro.
portion de 7 ý I. >ª
  Or, voici comment se prÈsentait, dans l'en-
semble, cette question du recrutement anglais
qui dÈciderait sans doute du sort de la guerre:
  I6 octobre. - Je viens de discuter de prËs la question du
Mcn Power. Sur 7 200 000 civils en 'ge de servir avant
le dÈbut de la guerre, il en restait au Ier janvier i9i6,
4 300 ooo disponibles, rÈduits depuis ý 3 400 000 en gros,
encore  susceptibles  d'Ítre levÈs.  Sur ce nombre,
I 500 000 ont reÁu le brassard, I i00 000 sont encore
ajournÈs temporairement par les tribunaux; 5oo 000
sont tenus de se prÈsenter ý une deuxiËme visite mÈdi-
cale, et i70 000 hommes environ attendent d'Ítre appelÈs.
Reste I30 000 absents. En somme, ý moins que l'on
apporte des modifications ý cet Ètat de choses, il ne nous
reste comme suprÍme ressource, que les I70 000 hommes
dont il vient d'Ítre question. Du Ier juillet au 15 octobre,
les pertes dans la Somme s'ÈlËvent approximativement ý
300 000 hommes (I); nous avons en Angleterre 350 o0o
(I) La statistique relËve les pertes suivantes, pour les
quatre mois de juillet, aost, septembre, octobre:
Pertes britanniques sur tous les fronts: 413 ooo hommes
tuÈs, blessÈs, prisonniers, disparus.
Pertes franÁaises sur la Somme et ý Verdun: 341 000
hommes dont, pour la Somme: 36000 tuÈs, 130000 blessÈs,
28000 prisonniers.
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