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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 15 (1923)

Chapitre LXV: Fin des batailles de la Somme et de Verdun (fin juillet-décembre 1916),   pp. 1-[23] PDF (501.8 KB)


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                  HISTOIRE ILLUSTRSE DE
son idÈe maÓtresse en insistant sur la continua-
tion immÈdiate de l'action franco-britannique.
AprËs les importants rÈsultats du dÈbut, Ècrit-il,
la
bataille de la Somme a, d'abord, pris le caractËre d'une
suite d'opÈrations secondaires constituant l'exploitation
des succËs obtenus. Maintenant, une nouvelle attaque
gÈnÈrale s'impose pour empÍcher l'ennemi de reprendre
sa libertÈ d'action. On signale une recrudescence d'acti-
vitÈ ý Verdun, et l'envoi de divisions allemandes sur le
front oriental, ce qui crÈe une sorte d'affaiblissement
de la dÈfensive allemande sur la Somme: il faut en pro-
fiter. Le but ý atteindre est de passer ý l'attaque du front
Grandcourt, Martinpuich, Morval, Rancourt, Boucha-
vesnes. Trois actions d'ensemble sont nÈcessaires pour
donner ý cette large offensive une base de dÈpart: a) de
la route de Bapaume ý la Somme; b) de la route de
Bapaume ý l'Ancre; c) au nord de la Somme avec objec-
tif: signal de Ginchy-Combles.
  C'est en vue de renforcer cette triple opÈra-
tion que des ordres sont adressÈs aux com-
mandants des armÈes franÁaises pour que soit
bien coordonnÈe l'activitÈ des divers fronts.
Au groupe des armÈes du Centre (gÈnÈral
PÈtain), on Ècrit qu'il doit dÈsormais subvenir
avec ses ressources propres aux besoins de la
2e armÈe. Les Allemands ne disposent plus,
d'ailleurs, d'unitÈs fraÓches ý amener ý Verdun
et les ressources du groupe sont suffisantes pour
conserver l'attitude agressive prescrite ý la
2e armÈe (Nivelle).
  Au groupe des armÈes du Nord (gÈnÈral
Foch), on fait observer que l'action principale
sur la Somme doit Ítre celle de la 6e armÈe
(Fayolle), opÈrant en liaison avec l'armÈe
anglaise. Quant au rÙle de la 1Oe armÈe
(gÈnÈral Micheler), tout en laissant ý ce
gÈnÈral la libertÈ de chercher une plus large
exploitation, on prÈvoit que ses objectifs se
borneront utilement au plateau sud de
Chaulnes et ý celui de Villers-Carbonnel.
L'affaire principale reste celle qui doit, de
concert avec l'armÈe britannique; entourer
PÈronne et dÈgager la route de Lille. On ren-
force Douglas Haig par des prÍts d'artillerie
lourde. On le cale, en vue de l'action commune,
par une brillante attaque franÁaise sur Maure-
pas, et on monte, en commun avec lui, l'affaire
de Guillemont. La manoeuvre franÁaise est
LA GUERRE DE I9I4
combinÈe de telle sorte qu'elle coÔncide avec
une action d'ensemble de l'armÈe britannique
(20 aost). Chaque commandement ayant une
tendance ý  tirer de son cÙtÈ ª, un rappel
ý
l'ordre constant maintient, en quelque sorte,
l'alignement. C'est cette opÈration de Guille-
mont qui frappe, comme nous l'avons vu, ý la
porte de la confÈrence de Cambrai et qui
donnera une si forte Èmotion ý Ludendorff.
  Mais, en vue de cette offensive fixÈe dÈfini-
tivement au 2 septembre, il est nÈcessaire
d'insister encore, auprËs de Douglas Haig
(25 aost), sur la nÈcessitÈ, pour les armÈes bri-
tanniques, de faire un effort aussi important
que les armÈes franÁaises et de le faire en
mÍme temps. Au fond, c'est toujours la ques-
tion de l'unitÈ de commandement qui se pose
et, malgrÈ la bonne volontÈ incontestable de
Douglas Haig, une sorte de discomprÈhension
des choses produit fatalement de l'incohÈrence
et du dÈsordre. Le rouage grippe ý chaque
instant. Il n'y a qu'ý parcourir le livre du
colonel Repington o~ sont exposÈs fidËlement
les sentiments si parfaitement loyaux des
cercles militaires anglais, pour voir ý quel
point, malgrÈ tout, la coordination intellec-
tuelle manque entre les deux directions.
Joffre Ècrit ý Douglas Haig que la ioe ar-
mÈe (Micheler) attaquera le 2 septembre, la
6e armÈe presque en mÍme temps. On compte
absolument que l'armÈe britannique passera
ý l'offensive ý la mÍme date, sur tout le front
entre Ancre et Somme.  AprËs avoir supportÈ
ý Verdun, pendant de longs mois, le poids de la
poussÈe allemande, les forces franÁaises vont,
non seulement poursuivre leur eflort sur la
Somme dans les conditions prÈvues, mais l'in-
tensifier rÈsolument au delý de toute prÈvision.
Elles doivent compter sur le concours complet
de l'offensive britannique. ª Le gÈnÈral Fayolle
reÁoit une mission spÈciale auprËs du G. Q. G.
britannique pour mettre sur pied cette opÈ-
ration combinÈe.
  Rappelons-nous les circonstances ambiantes
qui donnent ý cette mission toute son impor-
tance. La Roumanie vient d'entrer en guerre;


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