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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 1 (1915)

Chapitre VII: Les puissances européennes: l'Autriche-Hongrie,   pp. 153-[172 and 173] PDF (24.1 MB)


Page 161


LES PUISSANCES EUROPSENNES: L'AUTRICHE-HONGRIE
unl bal d'enfants roses. Mais, remarquez bien
que, dans toute cette vivacitÈ sud-allemande et
cette versatilitÈ slave, dans tout ce tourbillon
de personnes, la chose elle-mÍme reste asia-
tiquement dure, inerte, conservatrice, morte
comme un sphinx ou comme un spectre, che-
nue, n'ayant pas
bougÈ d'un pouce
depuis les temps
bibliques.
  Ce tableau si vi-
vant expose toutes
les figures du sin-
gulier quadrille et
en  dÈcouvre   les
complexitÈs.
  LesAustro-Hon-
grois n'ont pas ou
ont peu d'aptitudes
ý la libertÈ qui est la
virilitÈ des peuples,
prÈcisÈment parce
que le lien forcÈ
qui les unit, en-
trave  leur indÈ-
pendance.   L'art
du monarque est
de les opposer les
uns aux autres,
pour dominer les
uns par les autres:
Divide ut Ômpera.
  Ne parlons donc
pas de peuple aus-
tro-hongrois. Con-
sidÈrons les for-            L'EMPEREI R I
mations actuelles
'RA
trËs diverses et trËs divisÈes dans Ih'ur rapport
avec la guerre qu'elles ont subie et avec la
paix qui dÈcidera de leur sort.
  La population, dans son ensemble, est
composÈe d'agriculteurs et d'industriels. Les
agriculteurs l'emportent en nombre, surtout
en Hongrie. AbsorbÈs par les travaux de la
terre, penchÈs sur le sillon dans les immenses
plaines o~ l'homme semble perdu, ils n'ont
presque aucune vie politique commune et
n'ont guËre d'autre sentiment, ý ce point de
vue, que l'instinct qui sourd en eux et qui
les jette comme appoint dans la balance des
partis.
  Le paysan, solide, endurant, tranquille et
                           doux, prie le Dieu
                           de ses pËres, paye
                           comme contribua-
                           ble et sert comme
                           soldat. Du reste, il
                           se tait.
                             Une certaine or-
                          ganisation a, dans
                          ces derniers temps,
                          par  l'organe  du
                          socialisme, pÈnÈtrÈ
                          le peuple des villes,
                          ce que l'on appelle
                          les classes labo-
                          rieuses; une atmo-
                          sphËre   nouvelle
                          s'est rÈpandue. Le
                          socialisme  autri-
                          chien, avec   son
                          journal l'A rbeiter
                          Zeitung, a eu pour
                          tendance  de  rÈ-
                          chauffer la masse
                          froide du peuple,
                          de changer les cou-
                          rants, de s'Èlever
                          au-dessus du plat
                          marÈcage de la vie
                          journaliËre, de rom-
,N«OIS-JOSEPH             pre avec la domes-
                          tication  imposÈe
par l'administration et la police ; s'il est dans
le peuple une certaine force d'unification
au-dessus des rivalitÈs de races, elle pour-
rait se  trouver  lý.  Mais la    t'che  est
au-dessus des forces d'un seul parti. Elle ne
pourrait Ítre abordÈe, avec quelque chance de
succËs, que si ce parti, comme du temps de
Joseph Il, devenait, par l'empereur, maÓtre
de l'S,tat et des forces dont il dispose.
i ,
1 ()


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