University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
The History Collection

Page View

Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 1 (1915)

Chapitre IV: L'Allemagne politique,   pp. 63-[111] PDF (6.6 MB)


Page 95


IL'ALIMI ~AGNE OI OT
veillant, tout ce (lui rniante dii gouverne-
mient est hostile. Pourquoi . ... ª Suivit un
exposÈ complet de l'oeuvre die la diplomatie
,allemande au Maroc. Certainement, rer-
sonne, eii France', eii tentant de rÈaliser nos
revendications lÈgitimes sur le Maroc, voisin
de l'AlgÈrie, n'a eui l'intention de porter
atteinte ý  1' AlleÓuag  ; nul d'entre nous,
eII obtenant la
reconnaissance de
nos droits par les
autres puissances,
n'a eu l'idÈe de
nuire ý l'Allema-
gne, de l'isoler, de
l'encercler...
  L'Empereur re-
lËve le mot : ( je
sais ý quel m'en
tenir sur cela; rien
ne changera mon
opinion. Le fond et
la forme ont ÈtÈ
pitoyables. je sais ~
cher oncle ª qui
mËnetout. .. .Croyez
que je sais tout
ce qui se fait ý
Londres. Vous n'e-
contez que John
iBull >ª. --  Mais,
rÈpond  l'interlocu   - _____________
teur, Votre Maj estÈLETA
voudra  bien  ad-                L    ZR]
mettre que les procÈdÈs des deux pays ý
l'Ègard (le la France ont ÈtÈ bien diffÈrents
clans cette affaire du Maroc qui est, pour
nous, chiose si considlÈrable et (lui nous tient
tant au coeur.
  Sur de nouveaux dÈtails et sur (les l)rÈci-
sions indiquant le mauvais vouloir de la
diplomatie allemande, l'Empereur, un peu
nerveux et impatient, coupe :  Tout cela,
ce sont des misËres, je les arrangerai. Mais
ce n'est pas (le cela cquil s'agit et je vous
parlerai trËs nettement, ý mionr tour. Entre
les deux pays, ce qu'il fatut, c'est l'Alli'ance.
Alors, les cIeux pays, s'appuyant l'un sur
l'autre, seront les maÓtres du monde.
   ~(Prenez garde  l'heure est critique. J'ai
annoncÈ et prÈvu   le PtÈril iJaunie  on
m'a
traitÈ d'hurluberlu. Eh bien   les vaisseaux
apoia.is  sont  maintenant   ici , (lans  les
                          eaux europÈennes
                          et je vous jure
                          que ce n'est pas
                          moi qui les ai
                          amenÈs. Il y a
                          deux dangers : ce-
                          lui de l'Asie et
                          celui de l'AmÈri-
                          que. Si nous con-
                          tinuons ý nous
                          entredÈcbirer  en
                          Europe, nous se-
                          rons surpris .* il n'y
                          a qu'une issue,
                          c'est l'Allhance.
                             L'Èmotion Ètait
                           grande chez l'in -
                           terlocuteur ;il
                           laissa la conver-
                           sation prendre un
                           autre cours. Il de-
                           vait rencontrer, de
                           nouveau, le lende-
                           main, l'Empereur,
                         ý un dÈjeuner ý
       LE KAISER  ~bord d'un           yacht
                           prÈsent aux rÈgates
de Kiel: il s'Ètait dÈcidÈ ý
reprendre la suite
de
la conversation : Puisque Votre -MajestÈ mu'a
permis la franchise, qu'elle mi-'autorise ý lui
demander si elle a fait ce rÍve de conclure une
alliance avec un pays dÈmem-brÈ ? Le regard
cde l'Emipereur cdevint dur comme l'acier et,
fixant le ministre, franÁais, il liii dit :  t vous,
monsieur-, avez-vous fait ce rave que je pourrais
changer quelque chose ý ce clii est accompli ?
Et, regardant ailleurs, il aurait repris ý mi-voix:
(( je vois que nous ne -nous comprenons pas ª
'T


Go up to Top of Page