University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
The History Collection

Page View

Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 1 (1915)

Chapitre premier: Les origines diplomatiques du conflit,   pp. 7-[26] PDF (789.6 KB)


Page 16


HISITIREI   l USFRI DE L A (;t'ilIRhIJ 1)1' J9I
    Voici le texte de ce traitÈ
    ARTICLE PREMIER. - Si, contrairement ý ce qu'il y
a lieu d'espÈrer, et contrairement au dÈsir sincËre
des
deux hautes parties contractantes, l'un des deux Empires
venait ý Ítre attaquÈ par la Russie, les
deux hautes
parties contractantes sont tenues de se prÍter rÈcipro-
quement secours, avec la totalitÈ de la puissance militaire
de leur empire et, par suite, de ne conclure la paix que
conjointement et d'accord.
   ART. 2. - Si l'une des deux hautes parties contrac-
tantes venait ý Ítre attaquÈe par une autre
puissance,
l'autre haute partie contractante s'engage, par le prÈsent
acte, non seulement ý ne pas soutenir l'agresseur contre
son haut alliÈ, mais, tout au moins, ý observer une
neu-
tralitÈ bienveillante ý l'Ègard de la partie
contractante.
Si
toutefois, dans le cas prÈcitÈ, la puissance attaquante
Ètait
soutenue par la Russie, soit sous forme de coopÈration
active, soit par des mesures militaires qui menaceraient
la puissance attaquÈe, alors l'obligation d'assistance
rÈciproque avec toutes les forces militaires, obligation
stipulÈe dans l'article Ier de ce traitÈ, entrerait
immÈ-
diatement en vigueur et les opÈrations de guerre des
deux hautes puissances contractantes seraient aussi, dans
cette circonstance, conduites conjointement jusqu'ý la
conclusion de la paix.
   ART. 3. - Ce traitÈ, en raison cle son caractËre paci-
fique, et pour Èviter toute fausse interprÈtation,
sera
tenu secret par toutes les hautes parties contractantes.
   Il ne pourrait Ítre communiquÈ ý une
troisiËme
puis-
sance qu'ý la connaissance des deux parties et aprËs
entente spÈciale entre elles.
   Vu les dispositions exprimÈes par l'empereur Alexandre
ý l'entrevue d'Alexandrowo, les deux parties contractan-
tes nourrissent l'espoir que les prÈparatifs de la Russie
ne deviendront pas, en rÈalitÈ, menaÁants
pour elles;
pour cette raison, il n'y a, actuellement, aucun motif ý
communication.
   Mais si, contre toute attente, cet espoir Ètait rendu
vain, les deux parties contractantes reconnaÓtraient
comme un devoir de loyautÈ d'i4former, au moins confi-
dentiellement, l'empereur Alexandre qu'elles devraient
considÈrer comme dirigÈe contre elles deux toute attaque
dirigÈe contre l'une d'entre elles.
   En foi de quoi, les plÈnipotentiaires ont signÈ
de leur
propre main ce traitÈ et y ont apposÈ leurs sceaux.
                 SignÈ. ANDRASSY.
                         PRINCE HENRI VII REUSS.
   Fait ý Vienne, le 7 octobre 1879.
   Les raisons de la Triple alliance ont ÈtÈ
exposÈes, par Bismarck lui-mÍme, dans ses Sou-
venirs. Il dit, avec une grande prÈcision:  Con-
tre une alliance franco-russe, le coiup qu'il faut
jouer est une alliance austro-allemande. ª Et,
envisageant, ý la fois, le fait et ses consÈquences,
il s'exprime ainsi dans une lettre adressÈe au
roi de BaviËre: Je considÈrerais comme une
garantie essentielle de la paix europÈenne et
de la sÈcuritÈ de l'Allemagne une convention
de ce genre... Une nouvelle coalit on Kaunitz
(c'est-ý-dire de la Russie et de la France) n'au-
rait pas de quoi dÈsespÈrer l'Allemagne, si
l'Allemagne savait rester unie et que ses armÈes
fussent habilement dirigÈes: ce n'en serait pas
moins un ÈvÈnement f'cheux et que notre poli-
tique doit s'appliquer ý Èviter, autant que
possible. Si les forces unies de l'Autriche et de
l'Allemagne avaient la mÍme cohÈsion et la
mÍme unitÈ de commandement que celles de
la France et de la Russie, je ne considÈrerais
pas l'agression simultanÈe de nos deux voisins
comme une menace de mort, l'Italie ne dst-elle
mÍme pas faire partie de notre alliance... ª
   Mais il fait, aussitÙt, la rÈflexion suivante,
quS explique toute sa pensÈe: Comme alliÈ de
l'Autriche, l'empire allemand ne mnan querait
pas de l'appui de l'Angleterre... C C'est ici qu'on
aperÁoit la diffÈrence capitale de l'esprit poli-
tique d'un Bismarck et de celui de ses suc-
cesseurs. L'intervention de l'Angleterre est ÈtÈ
certainement son ((cauchemar a, et il est tout
fait pour l'empÍcher.
   En somme, la politique allemande rompait
expressÈment avec la Russie et avec la politi-
que des Trois Empereurs, puisque, dans le
texte du traitÈ, la Russie seule Ètait visÈe.
   Ce traitÈ Ètait, d'ailleurs, uniquement
dÈfensif: l'un des deux empires n'Ètait tenu de
prÍter secours ý l'autre que si celui-ci venait
ý Ítre attaquÈ par la Russie. Au cas o~
l'un
des deux empires Ètait attaquÈ par une autre
puissance, l'empire alliÈ n'Ètait engagÈ
 qu'ý
ne pas soutenir l'agresseur contre son alliÈ ou
tout au moins ý observer une neutralitÈ bien-
veillante ý l'Ègard de la partie contractante ª.
Et c'Ètait seulement dans le cas o~ la puissance
attaquante Ètait soutenue par la Russie, qu'il
y auraitt ( obligation d'assistance rÈciproque+.
Les deux parties contractantes s'engageaient
l l


Go up to Top of Page