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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 15 (1923)

Chapitre LXVIII: La crise militaire de 1917,   pp. 147-212 PDF (37.4 MB)


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LA CRISE MILITAIRE  DE I9I7
LE GSNSRAL LYAUTEY, MINISTRE DE LA GUERRE, EN TOLiRNSE D'INSPECTION DU FRONT
tant capable de mener ý bien l'attaque princi-
pale. Mais Joffre s'Ètait rÈservÈ naturellement
d'exercer une action rÈgulatrice, Ètant donnÈ
l'ensemble des circonstances qui lui Ètaient, ý
lui seul, parfaitement connues.
  En un mot, ce qu'on a appelÈ, en les oppo-
sant beaucoup plus qu'elles ne s'opposaient en
rÈalitÈ, l'Ècole de Verdun et l'Ècole de la
Somme, Joffre, par sa prÈsence toujours
fÈconde, par son autoritÈ de plus en plus haute
et consacrÈe par ses succËs, les amalgamait en
quelque sorte en lui-mÍme ; il en codifiait les
enseignements et, ý l'heure o~, entourÈ de
l'estime profonde de ses subordonnÈs et des
grands chefs de l'Entente, il allait, de l'aveu
de l'ennemi, atteindre le but qu'il poursuivait
sans rel'che depuis deux ans et demi, au mo-
ment o~ il grandissait sans cesse dans la vic-
toire, une vague de lassitude, o~ se glissait l'in-
trigue dÈfaitiste, le choisissait comme premiËre
et principale victime et amenait sa chute.
  Nous en avons dit ci-dessus les circonstances
politiques et nous n'avons plus qu'ý en suivre
ici les consÈquences militaires.
  La crise Ètait ouverte. Ayant confiÈ ý
Nivelle la mission principale d'agir par le cÙtÈ
gauche de l'Èquerre de Noyon sur les commu-
nications allemandes, Joffre, s'il fst restÈ ý la
tÍte des armÈes, est maintenu le plan si par-
faitement logique qu'il venait d'Èlaborer et
Nivelle en est exÈcutÈ, sous ses ordres, la partie
essentielle, le Ier fÈvrier, c'est-ý-dire quelques
jours avant le dÈclenchement des opÈrations
allemandes de retraite sur la ligne Siegfried.
Mais la crise du haut commandement chan-
geait tout. Le gÈnÈral Nivelle, prenait, le
i7 dÈcembre, le commandement en chef des
armÈes du Nord et de l'Est; Foch Ètait rem-
placÈ par Franchet d'EspÈrey au groupe des
armÈes du Nord (I). Toutes ces mesures, prises
  (I) En dÈsaccord formel avec ce que rapporte M. PainlevÈ
M. Briand a dÈclarÈ ý la Chambre, le iO octobre i9i9:
 Je
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