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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 15 (1923)

Chapitre LXVIII: La crise militaire de 1917,   pp. 147-212 PDF (37.4 MB)


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HISTOIRE ILLUSTRSE DE LA GUERRE DE I9I4
  Ayant montÈ sa double offensive franco-
britannique sur les communications allemandes
de la ligne Oise-Sambre, Joffre la complËte
ainsi par une troisiËme offensive, secondaire,
bien entendu, mais pouvant devenir principale
en cas d'Èchec des deux premiËres, et, celle-ci,
il la monte sur le front de l'Aisne par la trouÈe
d'Amifontaine.
  Le 27 novembre, le gÈnÈral PÈtain est
avisÈ que son groupe d'armÈes (G. A. C.) parti-
cipera ý l'offensive du G. A. N. par une opÈ-
ration exÈcutÈe sur le front de la 5e armÈe.
Il aura pour but soit de coopÈrer ý l'exploita-
tion en cas de succËs complet au G. A. N., soit
de chercher la rupture du front ennemi au cas
o~ les armÈes du G. A. N. se trouveraient immo-
bilisÈes ou ralenties. L'opÈration sera postÈrieure
de quinze jours ý celle du G. A. N., c'est-ý-dire
qu'il faudra la tenir prÍte ý partir du 20 fÈvrier.
Donc, activer la prÈparation et l'exÈcution des
travaux de toute nature. Les moyens ý prÈvoir
seront: 5 Ètats-majors de corps d'armÈe et, au
dernier moment, I3 divisions au moins de
renfort. L'opÈration devra Ítre considÈrÈe
(ordre du Ói5dÈcembre) comme une opÈration
de rupture sur un front peu garni, en envisa-
geant une exploitation, conduite ý fond; elle
s'Ètendra, en principe, jusqu'ý la butte de
Souain.
  Tel Ètait le plan de Joffre: visant, non la
conquÍte de vive force du massif de Saint- Go-
bain, mais son dÈbordement ý droite et ý gauche
ainsi que la menace sur les communications
allemandes. La bataille Ètait fixÈe au Ier fÈvrier-
20 fÈvrier, c'est-ý-dire ý l'heure exacte o~
l'ennemi s'Ètait dÈcidÈ ý commencer son mou-
vement de recul. Nul doute que ces trois
offensives tombant sur les Allemands en pleine
retraite, n'eussent surpris et dÈsorganisÈ leurs
armÈes, rendu impraticables les voies de com-
munication, jetÈ le dÈsarroi dans tous les ser-
vices et n'eussent rompu, en un mot, sur
150 kilomËtres de front, le noeud principal des
dÈfenses ennemies. On ne voit pas comment
l'armÈe allemande est ÈchappÈ ý un dÈsastre
complet ; la bataille en rase campagne qui est
suivi, avec la supÈrioritÈ numÈrique dont dispo-
sait Joffre, est vraisemblablement amenÈ la vic-
toire dÈcisive. Le destin en dÈcida autrement.
  Pour l'intelligence des ÈvÈnements qui sui-
virent et qui modifiËrent ces plans aussi prÈcis
que grandioses, il nous faut Ètudier mainte-,
nant, l'Èvolution des idÈes telle qu'elle apparaÓt
au cours de ces semaines critiques.
  Le plan stratÈgique Ètant bien au point dans,
son principe, et  tout le monde     Ètant
d'accordª (I), sa rÈalisation tactique fut mise'
en premier lieu et sans dÈlai ý l'Ètude. Nous!
avons dit comment, en octobre et en novembre,
le gÈnÈral Joffre avait, dans ses instructions ý,
Foch et ý Haig, cherchÈ ý faire passer dans
l'esprit des deux chefs la conviction qu'il'
fallait, tout en profitant des nouveaux ensei-
gnements, revenir aux procÈdÈs du dÈbut de la
bataille de la Somme, c'est-ý-dire aux attaques
larges et profondes avec, en plus, l'exploitation
du succËs. La victoire de Nivelle ý Douaumont
venait prÈcisÈment de mettre au point de faÁon
brillante un procÈdÈ tactique conforme aux
idÈes du commandant en chef. Cette mÈ-
thode, consacrÈe par le brillant succËs de
Verdun, il importait de l'inculquer aux Ètats-
majors.
  En octobre, le gÈnÈral Joffre communique
donc aux armÈes les rÈsultats obtenus sur
la Somme par les Ètudes mÈthodiques des pho-
tos aÈriennes; il organise, dans chaque armÈe,
des cours d'instruction d'artillerie pour les
officiers; il crÈe, le 29 octobre, le Centre d'ins-
truction d'Ètat-major de Senlis, dont la direc-
tion sera bientÙt confiÈe au gÈnÈral Foch. En
novembre, des instructions tendent ý dÈve-
lopper l'observation terrestre par l'A. L. G. P.,
organisent des Ècoles de sapeurs-mineurs par
armÈe et la tÈlÈgraphie de premiËre ligne. Le
20 novembre, le gÈnÈral Joffre a chargÈ Foch,
nous l'avons vu, de prÈparer sans dÈlai le
dÈploiement de toutes les ressources ª. Le 25,
une Ètude sur la bataille de Douaumont rend
compte des beaux rÈsultats qui y ont ÈtÈ obte-
  (I) M. PAINLEVS, Revue de Paris du 15 dÈcembre I921
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