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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 15 (1923)

Chapitre LXVIII: La crise militaire de 1917,   pp. 147-212 PDF (37.4 MB)


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HISTOIRE ILLUSTRSE DE LA GUERRE DE 1914
prÈparÈes, de prÈvoir une large exploitation,
d'entreprendre des opÈrations d'ensemble franco-
britanniques et de les intensifier.  L'ennemi est
sÈrieusement ÈbranlÈ au nord de la Somme,
Ècrivait-il ý Haig, le 9 septembre ; il est utile
d'attaquer sans retard sur tout son front entre
Ancre et Somme.ª Et, le 23, il insistait pour
la continuation de la bataille avec toute l'inten-
sitÈ possible, afin d'atteindre, ý bref dÈlai, la
ligne Achiet-le-Grand, Bapaume, Bertincourt.
Le i6 octobre, il appliquait nettement son
effort offensif au systËme dÈfensif nouveau de
l'ennemi: L'attitude dÈfensive de l'ennemi
ne prÈsente plus, dans la rÈsistance, le mÍme
caractËre d'acharnement. Son organisation en
profondeur ne permet d'obtenir, par nos
attaques locales, que des succËs de peu d'im-
portance. Il faut en revenir aux procÈdÈs du
dÈbut de la bataille: chaque attaque, exÈcutÈe
sur un front aussi Ètendu que possible, doit viser
ý conquÈrir tous les objectifs que le canon aura
pu battre et Ítre suivie d'une exploitation ý
fond. ª Dans une autre lettre ý Haig, il insistait,
le i8 octobre, sur  la nÈcessitÈ d'exÈcuter des
actions offensives larges et profondes, et de ne
pas s'arrÍter, au moment o~ la rÈsistance de
l'ennemi va en diminuant et o~ la situation
d'ensemble de l'Entente exige le dÈveloppe-
ment des succËs acquis ª.
  C'Ètait, en un mot, la recherche d'une forme
plus dÈcisive des opÈrations au moment o~ on
touchait le but. La premiËre application avait
ÈtÈBouchavesnes, le I2 septembre, o~. seule, une
tranchÈe sÈparait encore le 7e corps de la rase
campagne; mais la plus brillante avait ÈtÈ la
victoire de Mangin ý Douaumont le 24 octobre.
  Joffre, on le voit, ne cesse pas, au cours de
l'automne, de harceler Foch et Haig, afin qu'ils
Èlargissent et dÈveloppent leurs opÈrations.
Le martËlement multipliÈ prÈcipite les actions
comme les idÈes vers une vigueur et une ra-
piditÈ plus grandes, et c'est un drame profon-
dÈment Èmouvant qui se joue, ý cette Èpoque,
sur le front occidental.
  Six jours aprËs Douaumont, le Ier novembre
I9i6, le gÈnÈral Joffre envoie, au gÈnÈral
Haig, ses premiËres prÈvisions pour la cam-
pagne de i9i7 : On continuera, pendant l'hiver,
l'offensive de la Somme en vue de poursuivre
sans rÈpit l'usure de l'ennemi. Dans la con-
duite des opÈrations, le principe admis sera
la simultanÈitÈ des offensives et la grande
extension des fronts. L'objectif devient, en
effet, stratÈgique: il s'agit d'engager ý fond
la  bataille des communications ª de faÁon ý
pouvoir, par la route de Lille, porter sur le
flanc de l'ennemi, cette manoeuvre que l'on n'a
pas cessÈ d'avoir en vue depuis la poursuite de
la Marne. A ce point de vue, la rÈgion d'offen-
sive la plus favorable est entre Arras et
l'Oise; d'o~ le plan d'opÈrations suivant: une
offensive franÁaise entre Somme et Oise, exÈ-
cutÈe en mÍme temps qu'une offensive britan-
nique entre Bapaume et Vimy; le front Le
Transloy-PÈronne (c'est le Mont-Saint-Quen-
tin) restera initialement dÈfensif, servant de
pivot. Chacune de ces offensives pourra Ítre
exÈcutÈe sur un front de 30 ý 40 kilomËtres.
  Tel est le plan de Joffre pour l'hiver i9i6-
I9I7: POURSUIVRE LA BATAILLE DE LA SOMME
AVEC UN SLARGISSEMENT STRATSGIQUE MARQUS
ET, PAR CONSSQUENT, UNE MSTHODE RENOUVE-
LSE. Ce caractËre nouveau ressort de l'ensemble
des dispositions prises pour la campagne du
dÈbut de i9i7. C'est ainsi que Joffre songe, un
instant, ý tenter sur un terrain secondaire, entre
Cernay et la Suisse, une opÈration de rupture,
rapide et par surprise, qui dÈterminerait une
brËche aussitÙt exploitÈe jusqu'au Rhin. Cette
manoeuvre offensive devait dÈterminer l'ennemi
ý battre en retraite sur un plus large front
encore. A Douglas Haig, il faisait connaÓtre, le
I3 novembre, la nÈcessitÈ d'une extension du
front britannique et, d'abord, de la relËve des 9e
et 20e corps franÁais sur 7 kilomËtres ; d'autre
part, le I5 novembre, ý droite de la 1oe armÈe,
il faisait entrer en ligne la 3e armÈe franÁaise.
   Le mÍme jour, se rÈunissait la ConfÈrence
de Chantilly. On Ètait au dÈbut de l'invasion
allemande en Roumanie. C'Ètait le moment
de frapper sur le front occidental, un coup qui
y fixerait la plus grande partie possible des,
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