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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 14 (1922)

Chapitre LXIV: Reprise de la bataille pour Verdun: Douaumont et Vaux délivrés/ (septembre-novembre 1916),   pp. 236-252 PDF (17.0 MB)


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HISTOIRE ILLUSTRSE DE LA GUERRE DE I9I4
chÈe en tranchÈe; le sous-lieutenant Gilbert
du 8e tirailleurs, avec une fraction de la 17e
compagnie, se porte au delý de la route de
Bras, encloue cinq canons abandonnÈs par leurs
servants, et il passe. Dans un Èlan splendide,
le 6e bataillon de zouaves et le 4e mixte arrivent
ý bout de souffle jusqu'au village de Douau-
mont et le nettoient. Et le rÈgiment colonial
prend aussitÙt la liaison ý gauche sur les
glacis du fort.
   C'est ý ce rÈgiment d'infanterie coloniale
du Maroc qu'a ÈtÈ rÈservÈe la mission de s'em-
parer du fort de Douaumont. Il reprend sa
course essoufflÈe vers la crÍte : mais en raison
d'un retour de brume, il ne voit pas encore le
fort; il s'Èlance et s'accroche aux ruines sans
dÈfenseurs; alors, commence  une course ý
l'objectif ª qu'il vaut mieux laisser dÈcrire
par le rÈcit officiel
  A 13 h. 30, le rÈgiment du Maroc reprend sa marche.
Le bataillon Groll, maintenu au dÈbut en deuxiËme ligne,
se porte en avant et dÈpasse le premier objectif. Il devait
contourner le fort ý droite et ý gauche; mais le bataillon
Nicolai ayant un certain retard, le capitaine Dorey prend
l'initiative de dÈpasser le fort, le franchissant au lieu de
le contourner, de maniËre ý profiter du dÈsarroi de l'en-
nemi et ý ne pas lui permettre de se ressaisir. Une partie
du bataillon Groll se dirige donc sur le fort et y pÈnËtre.
Il traverse la superstructure, qui n'est qu'un amas de
ruines, et y rencontre des ÈlÈments de bataillon Mige-
mont (5e bataillon du 321e R. I.). Celui-ci, qui avait pour
point de direction pour sa section d'assaut de gauche
l'angle sud-est du fort, avait pu progresser rapidement.
En arrivant ý i5 h. 30 au fossÈ nord-est-sud-est, le sous-
lieutenant Lesseux avec quelques grenadiers avait
immÈdiatement franchi le fossÈ aux trois quarts comblÈ
et mis le pied sur l'observatoire de la petite tourelle ý
l'est. Coloniaux et fantassins se rÈunissent; ils grimpent
aux superstructures et, faisant le tour, franchissant les
dÈcombres du fort,les voilý de l'autre cÙtÈ,
cherchantle
bataillon NicolaÔ qu'ils appellent dans le brouillard.
  Le bataillon NicolaÔ s'est perdu; il a pris trop ý
gauche; soudain, un rayon de lumiËre, et voilý le fort qui
surgit, ý droite. Quelques minutes de redressement et le
bataillon NicolaÔ, liaison prise avec les quelques hommes
du bataillon Groll qui sont sur la superstructure, s'en-
gage rÈsolument en petites colonnes dans les couloirsdu
fort.
  Il est environ I5 heures. L'ennemi, quoique en
dÈsarroi, oppose une vive rÈsistance. Des rafales de mi-
trailleuses se dÈclenchent. Les fusils mitrailleurs, les
grenades et les appareils Schilt ont raison de cette
rÈsistance, et le fort est parcouru de bout en bout et toute
sa surface occupÈe malgrÈ quelques pertes. L'ennemi
cependant tente de rÈsister ý l'intÈrieur du fort et
dans les
sous-sols. Nos troupes, accompagnÈes de la compagnie
I9/52 du gÈnie, font irruption dans tous les locaux et
brisent dÈfinitivement toute rÈsistance. En moins d'une
demi-heure,le fort de Douaumont est tout entier entre
nos mains.
  Quatre officiers et une quarantaine de sous-officiers
et soldats restent vivants; ce sont des fantassins isolÈs
ou ÈgarÈs, venus des premiËres lignes, des artilleurs
du
20 groupe du Óo8e, des officiers d'infanterie et d'artillerie,
dont le capitaine Prollius du I13e rÈgiment d'infanterie
de campagne, chef du service d'observation d'artillerie
du fort. Le capitaine Prolmus, comme officier le plus
ancien et le plus ÈlevÈ en grade de cette garnison de for-
tune, avait pris le commandement du fort et organisÈ
la rÈsistance...
  La journÈe n'est pas finie. A    I3 h. 40, le
321e, avec trois compagnies de SÈnÈgalais
(36e bataillon) et une section du gÈnie, reprend
la marche pour la prise de possession de la
crÍte, tandis que le gÈnie met en' Ètat de dÈ-
fense la tourelle est du fort. Le I02e bataillon
de chasseurs suit le ravin de la Fausse-CÙte
qui mËne ý l'Ètang de Vaux et contourne le
fort. On tend ainsi la main aux troupes qui
grimpent par le ravin du Bazil; on tombe
alors sur une tranchÈe allemande chargÈe de
dÈfendre les pentes, la tranchÈe d'Hauteville;
ses dÈfenseurs, stupÈfaits de voir l'attaque
leur tomber, dessus par l'arriËre, essayent de
se dÈfendre. Charge ý la baÔonnette des SÈnÈ-
galais: 6oo officiers et soldats allemands sont
faits prisonniers. Le I02e bataillon de chas-
seurs alpins, qui prend sa part dans ce bel
exploit, et le 40je rÈgiment d'infanterie, qui a
suivi le ravin des Fontaines, se rejoignent ý
15 h. 30 ý l'Ètang de Vaux.
  Nous voici au pivot: l'aile marchante a
fait du chemin, la manoeuvre Ètait bonne;
mais, devant la tranchÈe Clausewitz, le pivot
n'a pas bougÈ. Les bataillons Casella, Pirau-
det, le 7Ie bataillon C. P. perdent beaucoup de
monde; cependant, en liaison avec l'aile mar-
chante, le 230e monte dans le ravin des Fon-
taines, le 333e enlËve la Grande CarriËre; ceci
fait, on croit prÈfÈrable de monter une ma-
noeuvre d'encerclement sur le Petit-DÈpÙt
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