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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 14 (1922)

Chapitre LXIV: Reprise de la bataille pour Verdun: Douaumont et Vaux délivrés/ (septembre-novembre 1916),   pp. 236-252 PDF (17.0 MB)


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HISTOIRE ILLUSTRSE DE LA GUERRE DE I9I4,
dÈcidÈ que  l'armiÈe se bornerait provisoire-
ment ý bivouaquer sur ses positions ª (i).
  Les sentiments Ètant tels dans le camp
allemand, ils Ètaient juste ý l'opposÈ dans le
camp franÁais.
  Lý, l'esprit agressif ª, insufflÈ en quelque
sorte par le gÈnÈral Joffre et personnifiÈ par
les gÈnÈraux Nivelle et Mangin, l'emportait.
On aurait raison de l'ennemi, non par un  gri-
gnotageª costeux, mais par des opÈrations ý
large envergure, bien rÈglÈes, prÈcÈdÈes
de
puissantes prÈparations d'artillerie et escomp-
tant ý la fois l'effet
de surprise et l'ascen-
dant conquis par le
soldat franÁais.
  Manifestant sa con-
fiance dans le thÈo-
ricien de cette mÈ-
thode et le vigoureux
exÈcutant des rÈcen-
tes opÈrations, le gÈ-
nÈralJoffre avait, en
date du 22 juin, ap-
pelÈle gÈnÈral Mangin
au commandement
d'un corps d'armÈe
et il lui avait confiÈ,   T
en mÍme temps, la            IF - PPrVSIDFNT P
O0l
direction d'un grou-
pement composÈ de trois divisions. C'est en
vertu de ces fonctions que Mangin va se donner
aux savantes et sages prÈparations qui, durant
les mois d'aost, septembre et octobre i9i6,
amËneront le dÈgagement complet de la rÈgion
fortifiÈe.
  (I) V. MÈmoires du Kronprinz, p. i90.- Ces souvenirs du
Kronprinz sont, d'ailleurs, de la plus mÈdiocre valeur mili-
taire et intellectuelle. Le commandant en chef de l'armÈe
de Verdun, en rapportant qu'il est voulu que cet ordre fst
donnÈ plus tÙt, avoue (p. i8g) le peu de cas que l'on faisait
de lui dans son propre Ètat-major:  Mes propositions et
suggestions ý cet effet allaient toujours ý l'encontre du
gÈnÈral Schmidt von Knobelsdorf, mon chef d'Ètat-major
ý cette Èpoque; de sorte qu'aucune suite ne fut donnÈe
ý
l'avis que j'avais instamment soumis ý l'approbation
urgente de qui de droit. Bien au contraire, l'ordre de pour-
suivre l'attaque fut expressÈment rÈitÈrÈ...
ª Tant Ètait vaine
l'autoritÈ du commandement, et prÈdominante la volontÈ
des Ètats-majors I
  Le mois d'aost s'Ètait passÈ en une sÈrie
d'opÈrations sanglantes mais relativement se-
condaires autour de Fleury et de Thiaumont,
opÈrations visant ý amorcer le large dÈblaie-
ment que dÈjý Mangin avait en vue. Mais il
attendait d'avoir obtenu ý la fois l'assenti-
ment de ses chefs et les forces nÈcessaires.
Cependant le prestige de la victoire lui donne
des ailes: dËs la fin du mois d'aost, c'est dans
cette impatience du repos que l'on vit et que
l'on travaille ý Verdun.
   L'empereur de Russie a pris l'initiative
                           de dÈcorer la citÈ;
                           la France lui donne
                           la croix de la LÈgion
                           d'honneurique le prÈ-
                           sident PoincarÈ vient
                           remettre dans les ca-
                           semates de la cita-
                           delle (I3 septembre).
                           Lloyd George a, quel-
                           ques jours aupara-
                           vant, visitÈ le champ
                           de bataille (8 septem-
                           bre) et il a dit son
                           Èmotion, en touchant
                            ce sol sacrÈ ª.
                              L'unitÈ du com-
«CARS A VERDUN             mandement est rÈa-
                            lisÈe sur la rive droite
ý partir du 3 septembre; le groupement
Mangin (D. E.) s'Ètend de la Meuse ý la WoÎvre.
Ainsi le groupemert est en mesure de suivre
les Sinitiatives d'ensemble prÈvues par son
chef:
  A partir de cette date, constate le document officiel,
et ý part quelques petites opÈrations de dÈtail, destinÈes
ý maintenir en face de l'ennemi la supÈrioritÈ dÈfinitive-
ment acquise, tous les efforts ne vont plus tendre qu'ý
la prÈparation des travaux d'attaque pour l'infanterie,
ý la mise en place de toute l'artillerie, ý l'amÈlioration
des
communications existantes et de tout le rÈseau tÈlÈpho-
nique, ý la constitution de tous les approvisionnements
nÈcessaires, pendant que les divisions d'infanterie de pre-
miËre ligne, un moment mises en place dans leur sec-
teur ultÈrieur d'attaque, en seront bientÙt retirÈes,
pour se prÈparer dans la zone arriËre au mÈthodique
et merveilleux effort qui aboutira le 24 octobre ý
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