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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 14 (1922)

Chapitre LXIII: Effets de Verdun et de la Somme,   pp. 213-[235] PDF (71.4 MB)


Page 221


EFFETS  DE VERDUN   ET DE   LA  SOMME
tique ressortent d'un mÈmoire que nous avons adressÈ, A
LA FIN DE S EPTEMBRE i9I6, ý n~irc r^ouvernement.
  Il ne s'agit donc plus de dÈcembre, mais bien
de' septembre i9i6; il ne
s'agit pas d'une initiative
Èmanant du pouvoir civil,
mais bien d'un acte rÈflÈchi
et raisonnÈ du pouvoir mi-
litaire. Hindenburg donne
le  texte  de ce mÈmoire
qui, selon ses propres paro-
les, devait  servir de base
ý une instruction destinÈe
au comte Bernstorff, am-
bassadeur allemand ý Was-
hington ª. Comme c'est
autour de cette initiative
nouvelle Èmanant cette fois
dÈfinitivement du Grand
Quartier gÈnÈral que le
sort de la guerre et de la
paix va tourner,
lieu d'en citer ici
sages essentiels:
il y a
les pas-
  Il est communiquÈ au comte
Bernstorff ý titre personnel, que
le projet qu'avait formÈ l'En-
tente de percer notre front occi-
dental et notre front oriental
n'a pas rÈussi jusqu'ý prÈsent,
et ne rÈussira pas davantage
plus conciliantes.ª IlestbienobligÈ
de tenir compte cependant du
risque que l'on courait de faire
entrer l'AmÈrique dans la lutte un
an plus tÙt. Il est certain, dit-
il, que l'AmÈrique n'aurait lamais
tolÈrÈ une dÈ/atte absolue de l'An-
gleterre. e Mais, conclut-il assez fai-
blement, la guerre  sous-marine
engagÈe en i9i6, aurait atteint
son rÈsultat: empÍcher la dÈfaite        LE C
absolue de l'Allemagne... ª Quo; iE COMTE
qu'il en soit, la volontÈ de guerre  AMBASSADEUR AlL I
sous-marine ý outrance ne prÈvalut,
dans les conseils militaires de l'Allemagne, qu'ý la confÈrence
de Cambrai. Hindenburg et Ludendorff en assumËrent toute
la responsabilitÈ devant la morale internationale et devant
l'histoire. Voilý ce qu'il importe de bien prÈciser ici pour
la
suite du grand plan plus marchiavÈlique encore que militaire
qui rÈsulta des dÈlibÈrations de cette confÈrence.
Sur ces res-
ponsabilitÈs, il suffit de s'en refÈrer aux Souvenirs de ina
vie
de Hindenburg lui-mÍme.
BE
'MA
plus tard... Mais, il est douteux que nous puissions obtenir,
dËs cette annÈe, un succËs dÈcisif amenant la fin
de la
guerre... Or, la marine impÈriale compte obtenir, par suite
de la situation Èconomique de l'Angleterre, un succËs
rapide zen employant la guerre sous-marine intensive et
                        sans restriction, succËs qui, en
                        peu de mois, amËnerait l'Angle-
                        terre ý faire la paix. C'est pour-
                        quoile Grand Quartier gÈnÈral
                        allemand doit classer la guerre
                        sous-marine sans restriction parmi
                        ses moyensj de combat; elle nous
                        permettrait, entre autres avan-
                        tages, de soulager notre front de
                        Somme, en diminuant l'impor-
                        tation des munitions ennemies,
                        et de dÈmontrer ý l'Entente la
                        vanitÈ de ses efforts dans cette
                        zone de combat.
                          ... Mais la situation gÈnÈrale
                        changerait entiËrement si le prÈ-
                        sident Wilson, obÈissant aux
                        intentions dont il nous a fait
                        part, adressait aux puissances
                        une ogre de mÈdiation en faveur
                        de la paix. Toutefois, cette offre
                        devrait Ítre faite sans indica-
                        tion de propositions dÈfinies en
                        matiËre territoriale, car ces ques-
                        tions sont du ressort des pour-
                        parlers de paix. Si une action
                        dans ce sens doit Ítre entre-
                        prise, il faut qu'elle le soit bien-
                        tÙt... Le comte Bernstorff devra
                        discuter cette affaire avec le
                        colonel House, son intermÈdiaire
                        auprËs du prÈsident. Nous pren-
                        drions tout particuliËrement en
                        considÈration une action en fa-
                        veur de la paix que le prÈsident
                        semblerait avoir entreprise spon-
                        tanÈment, et cette action serait
                        dÈjý un succËs qui pourrait lui
                        Ítre utile pour sa campagneÈlec-
                        torale (cela veut dire qu'on ferait
                        voter le parti pro-allemand aux
                        Stats-Unis) (I).
                          L'aveu de la dÈfaite est
,RNSTORFF,             aussi nettement exprimÈ
                       qu'il est possible. Mais tous
les moyens de chantage et de sÈduction sont
employÈs auprËs du prÈsident Wilson, pour
obtenir de lui une initiative dans le sens de la
paix qui, selon les termes de la mÍme Instruc-
  (1) P. 222.
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ToME XIV. - Fasc. iSo-iSi.
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