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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 14 (1922)

Chapitre LXIII: Effets de Verdun et de la Somme,   pp. 213-[235] PDF (71.4 MB)


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HISTOIRE ILLUSTREE DE LA   GUERRE DE 19I4
parable chef d'Ètat-major nommÈ quartier-
maÓtre gÈnÈral, Ludendorff.
HINDENBURG
MAJOR GSNSRAL,
LUDENDORFF
QUARTI ER-MAITRE
GSNSRAL
  Hindenburg et Lu-
dendorff, voici les
deux frËres jumeaux
de la dÈfaite qui,
aprËs une violente
campagne de critiques
et d'intrigues contre
Falkenhayn et contre
l'Ètat-major     de
l'Ouest ª, arrivent au
haut commandement.
A eux deux, ils repiÈ-
sentent l'Allemagne de
la guerre sous ses deux
faces, celle du passÈ
et du vieil empereur
Guillaume   celle  du
prÈsent et de l'em-
pereur Guillaume IL.
  Hindenburg, c'est le
survivant des annÈes
de lutte et de gloire,
c'est l'Allemagne ap-
pliquÈe,  disciplinÈe,
soi-disant  sentimen-
tale,  en  fait, dure
comme le fer avec la
larme ý l'oeil ; Luden-
dorff, c'est l'Allema-
gne nouvelle, l'Allema-
gne parvenue; c'est       VON FALKENHAYN
l'homme d'affaires
moderne : mÍle-tout, casse-tout, risque-tout,
d'ailleurs sÈrieux, bscheur, accapareur de tra-
vail et d'autoritÈ, ssr de lui, pÈdant et d'une
infatuation ý crever, -ý faire crever son pays
et le monde sous le fardeau de son universelle
et dÈsastreuse compÈtence.
  Ces deux hommes qui viennent de l'Est,
qui se sont assurÈ auprËs de l'opinion alle-
mande un prestige fait de succËs pourtant trËs
mÈlangÈs de revers, ces deux hommes sont
persuadÈs que leur prÈsence suffira pour tout
remettre d'aplomb dans l'Ouest. Ils arrivent
avec une foi entiËre dans la rÈussite par eux:
la Providence les a dÈsignÈs pour prendre la
victoire par la main et la ramener dans le
camp allemand. Il en sera ainsi parce que leur
volontÈ est qu'il en soit ainsi et que rien ne
rÈsiste ý leur volontÈ.
, E
A peine arrivÈs, ils dÈchantËrent.
                        MalgrÈ l'abondance
                      de la prose chagrine
                      dans  laquelle  tous
                      deux, s'efforÁant d'ex-
                      pliquer leur rÙle, leurs
                      intentions, leurs con-
                      ceptions,  n'arrivent
                      qu'ý donner un    ta-
                      bleau assez futile de
                      leur lamentable Èchec,
                      on sait trËs mal ce
                      qu'ils ont vu et fait
                      dans cette impression-
                      nante premiËre quin-
                      zaine de septembre,
                      qui dÈcida ý la fois de
                      la prolongation de la
                      guerre et de sa gravitÈ
                      renouvelÈe pour l'Eu-
                      rope et pour l'Univers.
                         Il y eut, ý cette
                       date, un conseil de
                       guerre ou, pour parler
                       plus exactement, un
                       conseil militaire de la
X-MAJOR G»NSRAL        monarchie, o~ des con-
                       sidÈrations  capitales
fuient agitÈes, o~ de grandes rÈsolutions fu-
rent prises, conseil auquel l'Histoire accordera
certainement la mÍme importance et la mÍme
attention qu'ý celui du 5 juillet I9I4 O  fut
dÈcidÈe la guerre.
  Mais, sur ce conseil qui se tint ý Cambrai
le 7 septembre i9i6, nous n'avons jusqu'ici
que des renseignements assez confus. Hin-
denburg en parle ý peine dans les MÈmoires
de sa vie, et Ludendorff ne le peint guËre dans
ses Souvenirs, que par son cÙtÈ extÈrieur. Il
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