University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
The History Collection

Page View

Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 14 (1922)

Chapitre LXII: La Bataille de la Somme,   pp. 184-[212] PDF (33.5 MB)


Page [212]


HISTOIRE ILLUSTRSE DE LA GUERRE DE I9I4
pour cela, il faut un temps de repos, des relËves,
une prÈparation nouvelle. Le 7e corps est rem-
placÈ par le 6e corps ; la 6e armÈe se trouve
dÈsormais composÈe par les Ier, 5e, 6e et
33e corps; l'offensive ne sera reprise que le
20 septembre.
RESULTATS               ArrÍtons-nous       et
DE LA BATAILLE      voyonslesrÈsultatsd'en-
DES TROIS MOIS semble de ces trois mois
de lutte qui forment l'une des plus grandes
batailles de la guerre, l'une des plus effi-
caces, mais aussi l'une des plus rudes, des
plus costeuses, une sorte de SÈbastopol o~
les deux armÈes franÁaise et anglaise 'ont
prouvÈ ce que peut faire l'union de deux
grands peuples civilisÈs quand ils combattent
unis et coude ý coude.
  D'abord localement: la route de Lille Ètait
atteinte et, sauf le pivot du Mont-Saint-Quentin,
PÈronne, un des grands buts de la guerre, Ètait
sous la main des alliÈs; l'ennemi se sentait pris
au piËge dans son fameux saillant de Noyon.
Le tourment de ses communications commen-
Áait ý le hanter: l'heure o~ il songerait ý dÈmÈ-
nager n'Ètait pas ÈloignÈe.
  Verdun se dÈgageait. Nous allons donner le
dÈtail du magnifique rÈtablissement qui va
commenser autour de la rÈgion fortifiÈe et
qui repoussera l'ennemi tambour battant
jusque dans ses lignes de dÈpart. Et cela est
encore d'une grande consÈquence.
   Sur les fronts russe et italien, les rÈsultats
Ètaient non moins satisfaisants. Encore un
effort, et la guerre penchait partout du cÙtÈ
de la victoire des 'alliÈs. La garnison de
l'Allemagne  place assiÈgÈe ª, refoulÈe
ý Ver-
dun, bouclÈe sur la Somme, Ètait partout
sans issue.
  Mais n'anticipons pas... La bataille de la
Somme n'est pasfinie. Douglas Haig se borne
ý des constatations exactes et limitÈes volon-
tairement ý la stricte rÈalitÈ, quand il Ècrit
au sujet des opÈrations locales:
  Le saillant gÍnant de la ligne alliÈe avait disparu et
nous avions obtenu un front de dÈpart pour les opÈrations
ultÈrieures. Ces rÈsultats Ètablissaient un fait plus
impor-
tant que les gains matÈriels. Nos nouvelles armÈes Ètaient
capables non seulement d'enlever d'assaut les plus puis-
santes dÈfenses ennemies, mais encore d'user et de vaincre
la force de rÈsistance de l'adversaire, par un effort continu,
implacable... L'ennemi, il est vrai, avait considÈrablement
retardÈ notre avance, mais l'effort avait ÈtÈ dispendieux
et le flÈchissement relatif de sa rÈsistance dans les tout
derniers jours de la lutte justifiait l'opinion que, dans un
effort prolongÈ, la victoire dÈcisive serait pour nos troupes
qui avaient dÈployÈ de si belles qualitÈs combatives
ainsi
qu'une endurance et une rÈsolution si indomptables.
   Cet optimisme Ètait fondÈ; mais il n'Ètait
pas partagÈ partout. A Londres, ý Paris mÍme,
la bataille de la Somme avec ses lentes Èvolu-
tions, doublant celle de Verdun avec ses im-
menses sacrifices, n'Ètait pas bien somprise.
Dans les salons, dans les couloirs, dans les
salles de rÈdaction des journaux, des bruits
pessimistes se rÈpandaient. La campagne de
propagande allemande, reprise avec une
vigueur extrÍme, portait. Partout une angoisse
secrËte commenÁait ý se rÈpandre. Tant il est
vrai que, dans les choses humaines,le succËs se
paye par la souffrance, et la vie par la mort!


Go up to Top of Page