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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 14 (1922)

Chapitre LXII: La Bataille de la Somme,   pp. 184-[212] PDF (33.5 MB)


Page 206


HISTOIRE ILLUSTRSE DE
LA BATAI LLE         IJ n'y avait qu'ý con-
SE POURSUIT      tinuer, et c'est ce qui dis-
EN JUILLET;        tinguera cette bataille Èmi-
TSNACITS           nemment stratÈgique de
ET SACRIFICES     tant d'autres (comme celle
de l'Aisne en I9I7) O  manqua peut-Ítre.le pre-
mier gage du succËs dans les grandes opÈrations
militaires et dansles grandes affaires en gÈnÈral:
la persÈvÈrance. Je ne sais s'il n'y eut pas un
plus haut signe de vÈritable gÈnie dans la
tÈnacitÈ rÈflÈchie de Douglas Haig que dans
ces brillantes manoeuvres tant vantÈes.
  AprËs le 5 juillet, il fallut donner quelques
jours de repos ý la troupe et prendre des dis-
positions nouvelles pour la prolongation dela
lutte: dÈplacement des artilleries, reconstitu-
tion des brigades par l'arrivÈe des relËves, etc.
Le 7 juillet, on recommenÁa. Du 7 au I3, la
progression s'affirme dans la rÈgion d'Ovillers
et le long de la route de Bapaume; du cÙtÈ
sud de la route, Contalmaison et le bois de
Mametz cËdent ý leur tour. On est au pied de
la crÍte, c'est-ý-dire aux prises avec la seconde
position allemande.
  Dans la journÈe du I4 juillet, c'est la crÍte
elle-mÍme que l'on aborde; mais on restreint
encore le front d'attaque: l'opÈration a lieu
au sud de la route, entre Contalmaison et le
bois des TrÙnes. L'offensive fut dÈclenchÈe
ý 3 h. 25, alors qu'il faisait ý peine jour. Les,
troupes d'attaque se lancËrent ý dÈcouvert
pendant I 000 ý I 400 mËtres. Le soir, un
trou profond s'Ètait fait- dans la zone alle-
mande, la brigade de Secunderabad menant
le train en pointe sur le bois Delville et
grimpant sur la crÍte. La villa de Contal-
maison, le cimetiËre, Bazentin-le-Grand,
Longueval, le bois des TrÙnes furent nettoyÈs;
Bazentin-le-Petit, le bois des Foureaux, le bois
Delville furent approchÈs:  Les troupes enne-
mies, sÈvËrement ÈprouvÈes dans ces attaques
et contre-attaques, commencËrent ý donner
des signes de dÈsorganisation ª (Douglas Haig).
On pouvait se demander si c'Ètait la percÈe;
le gÈnÈral Rawlinson lanÁa en avant ses pre-
miers ÈlÈments de cavalerie.
  L'ennemi se rÈorganisa tant bien que-nal
sur la crÍte et on recommenÁa le lendemain
I5 juillet, puisqu'on ne pouvait rien obtenir
que d'un martËlement obstinÈ. L'ennemi avait
amenÈ des canons et des mitrailleuses. Les
contre-attaques furent sanglantes; on dut
ordonner un repli en arriËre de la crÍte. Et on
recommenÁa le i6: au nord de la route, Ovillers,
o~ une garnison allemande Ètait assiÈgÈe, se
rendit ce jour-lý aux troupes de la 48e divi-
sion qui se jetËrent aussitÙt sur PoziËres. Et
on recommenÁa le I7 juillet au sud de la route.
La ligne avanÁait encore sur une profondeur
de prËs de I .500 mËtres, occupant l'arÍte sud
de la crÍte principale sur un front de 6 kilo-
mËtres. On ramassait du matÈriel, des armes,
des munitions, des approvisionnements;
depuis le Ier juillet, les troupes britanniques
avaient fait plus de io ooo prisonniers.
  Le rapport de Douglas Haig rÈsume en ces
termes, qui n'ont rien d'excessif, ces premiers
rÈsultats.
  AprËs dix jours et dix nuits d'un combat incessant
nos troupes ont achevÈ la prise mÈthodique du premier
systËme de dÈfense de l'ennemi sur un front de 14 000
mËtres. Ce systËme de dÈfense se composait de pom-
breuses lignes ininterrompues de tranchÈes, s'Ètendant sur
une profondeur variant de 2 000 ý 4 ooo mËtres et com-
prenant cinq villages puissamment fortifiÈs, de nombreux
bois retranchÈs et munis abondamment de fils de fer
barbelÈs et d'un grand nombre de solides redoutes. La
prise de chacunede ces tranchÈes reprÈsentait une opÈra-
tion d'une certaine importance. Toutes maintenant sont
entre nos mains.
  Du cÙtÈ franÁais, les effets de l'offensive
Ètaient plus frappants encore, et cela au prix
de sacrifices infiniment moindres, on peut dire
ý peu prËs nuls pendant les premiers jours.
Cependant la rÈsistance s'affirmait au fur et ý
mesure que l'on avanÁait. L'avance du 6 juillet
pour le jer corps colonial Ètait de 7 kilo-
mËtres; le 20e corps prenait Hardecourt le 8;
le 1er corps colonial enlevait Biaches le 9,
mais il Èchouait devant Barleux. La lutte
devient de plus en plus chaude dËs que l'on
s'approche de PÈronne, dominÈ par le formi-
dable rÈduit du Mont-Saint-Quentin.
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LA GUERRE DE I9I4.


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