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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 1 (1915)

Chapitre IV: L'Allemagne politique,   pp. 63-[111] PDF (6.6 MB)


Page 103


1, L'0TEA I  A(;NJ  PO TIoUF
           L E PRINCE   FE BIJLOW
et dans les longues soirÈes de causeries et de
plaisanteries faciles qui avaient suivi les parties
de musique des Eulenbourg. Tous, par intÈrÍts,
par convoitises, par esprit de caste, poussaient
vers les dÈcisions suprÍmes qui tentaient
sa vanitÈ dÈsespÈrÈe.
  Lui qui avait tant aimÈ la popularitÈ, il
sentait que la popularitÈ le fuyait et allait ý
son fils, moins intelligent et moins instruit,
mais plus net, plus viril, plus soldat. Cet
abandon de tout ce qu'il avait aimÈ et rÍvÈ
le
rongeait. Ne serait-il pas un grand homme ?
N'Ètait-il pas un grand homme ? DÈjý on
le
relÈguait dans le passÈ. Sa moustache-n'Ètait
plus de mode. Les jeunes gens avaient le visage
glabre il n'Ètait donc plus jeune ?...
  Il ne lui restait que quelques annÈes, s'il ne
voulait pas sombrer dans l'anonymat des
souverains sans gloire. La guerre Ètait la
seule issue pour que le u thÈ'tre ª, qui lui avait
tant ÈtÈ  reprochlÈ, devint 1'kÓctiot,
 p>oui
       M. D1E BFTHMANN-HOLN\EG
que le Talma, vieilli, s'achev't en NapolÈon.
  Le  militarisme ), qui Ètait devenu le mot
d'ordre suprÍme de son peuple, ne devait-il
pas se rÈaliser en lui et par lui? Il ajouterait
ce rÙle ý tant d'autres. Comme l'autre empe-
reur, le romain, il se rÈsolut, s'il devait pÈrir,
ý pÈrir dans une immense tragÈdie: «,uaÓlis
artifex pereo
L'EMPEREUR              Depuis un     an  au
VEUT LA GUERRE moins, le parti Ètait
pris, le rÍve pacifique Ètait abandonnÈ.
Une
lettre de M. Jules Cambon, datÈe du 22 no-
vembre i913 et relatant un entretien dÈsormais
historique avec le roi des Belges, ne laisse
aucun doute:  Je tiens d'une source absolu-
ment ssre la relation d'une conversation que
l'Empereur aurait eue avec le roi des Belges,
en prÈsence du chef d'Etat-Major gÈnÈral,
de
Moltke, il y a une quinzaine de jours, conver-
sation (lu iamrait, paraÓt-il, frappÈ viveIlICIIt le


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