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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 1 (1915)

Chapitre premier: Les origines diplomatiques du conflit,   pp. 7-[26] PDF (789.6 KB)


Page 23


LES ORIGINES DIPLOMATIQUES DU CONFLIT
  Depuis cette Èpoque, la France et la Russie
sont restÈes constamment fidËles aux engage-
ments rÈciproques. Tout en conservant une
certaine libertÈ d'action pour la dÈfense et
l'extension de leurs intÈrÍts particuliers, elles
se sont tenues Ètroitemeit associÈes toutes les
fois que des affaires d'intÈrÍt gÈnÈral
ont ÈtÈ
soumises au tribu-
nal des puissances.
L'Alliance Franco-
Russe ou  Double
Alliance n, fondÈe
depuis vingt ans, a
traversÈ les crises
les plus graves, a
subi les assauts les
plus dangereux, a
ÈtÈ entourÈe des
tentations les plus
fortes sans en Ítre
ÈbranlÈe : elle a
donne ainsi l'exem-
ple d'une stabilitÈ
internationale des
plus rares dans
l'histoire. Il exis-
tait, en effet, entre
le grand Empire et
la RÈpublique dÈ-
mocratique, un
pacte supÈrieur  a
tous les incidents
secondaires: c'Ètait                L'AMIRA
celui que les 'mes
avaient contractÈ dans le sentiment commun
du pÈril que l'hÈgÈmonie allemande faisait
courir ý l'indÈpendance du inonde.
  Un jour devait venir o~ cette conception
fondamentale de l'alliance rallierait autour
d'elle d'autres inquiÈtudes, d'autres clair-
voyances, et d'autres Ènergies.
L'EXPANSION        De 1890 ý i910, l'Alliance
COLONIALE       Franco -Russe n'eut, pour
ainsi dire, qu'ý prÈserver l'avenir : c'est la
pÈriode de l'expansion coloniale des peuples
i, (
europÈens. La France, qui a dÈjý occupÈ
la
Tunisie et le Tonkin, assure le maintien
de son autoritÈ mondiale en s'Ètablissant au
Congo, ý Madagascar, en Indo-Chine, dans
tout le Nord-Ouest africain; elle commence ait
jeter ses vues sur le Maroc. Elle comprend
qu'en assurant ý ses armÈes l'immense rÈser-
                          voir d'hommes du
                          continent noir, elle
                          fortifie sa situation
                          europÈenne. Un
                          jour, le roi LÈopold
                          de Belgique disait
                          ý celui qui Ècrit ces
                          lignes: Mais que
                          diabl.e allez-vous
                          donc chercher en
                          Afrique? -   Sire,
                          vous allez y cher-
                          cher de l'or, et nous,
                          des soldats!
                             Cette politique
                          d'expansion colo-
                          niale devait Ítre
                          rÈalisÈe pendant
                          qu'il en Ètait temps
                          encore : si on n'y
                          est parÈ rapide-
                          ment, toutes les
                          places eussent ÈtÈ
                          prises sur la pla-
                          nËte; c'est ce qui
CERVAiS                   devait arriver a
                          l'Allemagne.
   Bismarck avait rÈpÈtÈ longtemps qu'il
n'Ètait pas un  homme colonial ª. Mal lui en
prit : sur la fin de sa vie, il dut s'inquiÈter,
comme les autres, du monde qui s'ouvrait.
C'est lui qui conclut, avant de quitter le
ministËre, l'arrangement avec l'Angleterre, qui
fondait, en Èchange de Zanzibar, la colonie
allemande de l'Est africain. Il ramassa aussi,
et ses successeurs aprËs lui, quelques miettes
dela table coloniale: l'archipel des Óles Samoa,
le Togoland, le Cameroun, Kiao-TchÈou dans
le golfe du PÈ-tchi-li; mais l'Allemagne Èprouva
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