University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
The History Collection

Page View

Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 15 (1923)

Chapitre LXVII: La grande crise de l'hiver 1916-1917,   pp. 93-146 PDF (12.8 MB)


Page 93


CHAPITRE LXVII
         LA GRANDE CRISE DE L'HIVER i9i6-I9I7
Hiver 1916-1917. - Suites de la confÈrence de Cambrai. - La manoeuvre
pacifiste chez les AlliÈs,
  chez les neutres et en France. - Remplacement du gÈnÈral
Joffre. - Chute du cabinet Briand. -
  La crise en Autriche et en Allemagne. - Proposition de paix allemande.
- La guerre sous-marine. -
  Les Etats-Unis entrent dans la guerre. - La manoeuvre pacifiste
ª en Russie. - La chute du Tsar
et la RÈvolution russe.
              A fin de l'annÈe i9i6 avait
              donnÈ quelque rÈpit ý l'Alle-
              magne et ý ses alliÈs: l'offen-
              sive de Broussiloff, si redou-
              table jusqu'en aost, s'Ètait sou-
              dain comme enlisÈe; la Rou-
              manie avait ÈtÈ vaincue et, si
              son armÈe avait pu s'abriter
              derriËre le Sereth, elle n'Ètait
              pas en Ètat de reprendre, par
              elle seule, le territoire national
              occupÈ par l'ennemi; la tenta-
tive austro-hongroise sur la Haute-Italie avait
finalement ÈchouÈ, mais non sans causer un
grave prÈjudice ý la cause de l'Entente ; la
bataille de la Somme arrÍtÈe ne paraissait pas
avoir obtenu le rÈsultat dÈcisif sur lequel les
AlliÈs avaient pu compter.
  Gr'ce ý ce rÈpit, Hindenburg et Ludendorff
pouvaient se croire en situation de rÈparer,
jusqu'ý un certain point, le mal que Falken-
hayn n'avait pu enrayer. Mais la rÈalitÈ Ètait
beaucoup moins satisfaisante que les appa-
rences. A Verdun, les succËs obtenus par les
offensives de Nivelle et de Mangin avaient
forcÈ l'armÈe allemande ý se cantonner dans
une dÈfensive sans avenir; et, sur la Somme,
si la bataille se trouvait suspendue par la
mauvaise saison et par la nÈcessitÈ d'une
- L'arriËre ª en Allemagne.
nouvelle prÈparation, elle pouvait reprendre
de plus belle, mÍme avant la fin de l'hiver
on savait tout cela dans le camp allemand
et c'est pourquoi on ne renonÁait nullement
au programme gÈnÈral tracÈ par la confÈrence
de Cambrai.
  Hindenburg avait conÁu, d'ailleurs, un plan
militaire destinÈ, dans sa pensÈe, ý lui per-
mettre de raccourcir son front, de concentrer
ses forces sur le front occidental et de gagner
du temps. Ce projet consistait ý abandonner
le saillant de Noyon et ý se replier sur la ligne
qualifiÈe depuis ligne Hindenburg.
  Quand nous reprendrons l'exposÈ des ÈvÈ-
nements militaires en i9i7, nous insisterons
sur le caractËre de cette rÈsolution : c'Ètait,
en somme, une dÈfaite assez analogue ý celle
de la Marne et elle Ètait la suite incontestable
de la bataille de la Somme. Les consÈquences
en eussent ÈtÈ aggravÈes, sans doute jusqu'au
dÈsastre, si Joffre, selon son projet, Ètait tombÈ
sur l'armÈe allemande au moment o~ elle accom-
plissait ce travail si hasardeux d'une grande
retraite stratÈgique en prÈsence de l'ennemi,
c'est-ý-dire dans la seconde quinzaine de fÈvrier.
  De toutes faÁons, le parti adoptÈ par l'iZtat-
Major allemand comportait un changement
complet d'horizon : on renonÁait, pour le
moment, au projet caressÈ depuis trois ans de
93


Go up to Top of Page