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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome 14 (1922)

Chapitre LXIII: Effets de Verdun et de la Somme,   pp. 213-[235] PDF (71.4 MB)


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CHAPITRE LXIII
    EFFETS DE VERDUN ET DE LA SOMME
La crise du commandement allemand en septembre 1916. -        Hindenburg
et Ludendorff remplacent
       Falkenhayn. - La confÈrence de Cambrai. - Nouvelle orientation
de la guerre.
              Plan de l'Allemagne pour gagner du temps. - Elle demande la
paix.
              La propagande pacifiste. - Les sous-marins. - L'AmÈrique.
             <PR»S deux mois d'efforts per-
               severants, la bataille  de la
               Somme prenait son vÈritable
               caractËre: le  pilonnage ª des
               lignes allemandes les rompait
               l'une aprËs l'autre : les rÈsul-
               tats matÈriels Ètaient consi-
               dÈrables ; le terrain se dÈga-
               geait, les routes de Roye-PÈ-
        - ,    ronne et de PÈr@nne-Bapaume
               Ètaient occupÈes, sauf l'angle
               de PÈronne et du Mont-Saint-
Quentin. Sur Cambrai et sur Saint-Quentin,
le double objectif visÈ par le gÈnÈral Joffre
commenÁait mÍm e ý apparaÓtre : on tour-
nait l'ennemi au saillant de Noyon et on
dÈgageait la grand'route de Paris-Lille.
  Cependant, ý Verdun, l'affaire Ètait man-
quÈe pour les Allemands: butÈe devant Sou-
ville, leur offensive, dÈpouillÈe de ses relËves
et d'une partie de son artillerie, dont on avait
si grand besoin sur la Somme, se trouvait
coincÈe et en grand pÈril, au cas o~ l'armÈe
franÁaise reprendrait l'initiative avec l'esprit
agressif qui Ètait le sien dÈsormais.
  Ajoutons, pour achever le tableau, que la
manoeuvre de Broussilof avait donnÈ le coup
de massue aux armÈes austro-hongroises, que
l'offensive sur l'Italie dont on s'Ètait tant pro-
mis Ètait arrivÈe ý un point mort, et que la
Roumanie entrait dans la guerre ý cÙtÈ des
AlliÈs.
  Quel fut l'effet dans le camp allemand ?
Falkenhayn plaide, en ces termes, sa propre
cause:
Sur la Somme, l'assaillant avait pÈnÈtrÈ dans quelques
parties de la deuxiËme position. Mais, malgrÈ cela, on
ne pouvait pas dire que la percÈe projetÈe est rÈussi
mÍme dans ce secteur. La situation devint plus sÈrieuse
lorsque le commandement local, influencÈ par les succËs
des FranÁais, se dÈcida ý Èvacuer les parties
de la seconde
position restÈes au pouvoir des Allemands, dans l'espace
compris entre EstrÈes-Foucaucourt et la Somme, pour
faire replier sur la ligne Biaches-Barleux-Belloy-EstrÈes
les troupes ý la vÈritÈ fortement dÈsagrÈgÈes
et faciliter
ainsi leur relËve par les rÈserves d'armÈe. En consÈquence,
pendant les premiËres semaines de la bataille, l'ennemi
put prendre de flanc la rive nord de la Somme, ce qui fit
excessivement sou#frir les troupes allemandes et fut d'une
grande importance pour les progrËs de l'adversaire.
  Ainsi jugeait Falkenhayn, avouant la dÈ-
faite, niant les consÈquences. Les dirigeants
de l'Empire avaient une impression toute
diffÈrente et qui se manifestait par la rÈsolu*
tion prise soudainement de remplacer Falken-
hayn lui-mÍme par un nouveau major gÈnÈral.
  Pour la seconde fois, l'Allemagne changeait
de chef militaire en pleine guerre et oa recou-
rait au seul gÈnÈral populaire en Allemagne,
le vainqueur de Tannenberg, le marÈchal von
Hindenburg, en l'accompagnant de son insÈ-
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TOME XIV. - Fasc. 18o-iS.


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