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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome, 1 (1915)

Chapitre X/ Les puissances européennes: l'Angleterre,   pp. 236-274 PDF (20.3 MB)


Page 236


CHAPITRE x
     LES PUISSANCES EUROPSENNES:
                       L'ANGLETERRE
L'Angleterre voulait la paix. - Les NÈgociations anglo-allemandes
avant la guerre.
                    La Concurrence pour les armements navals.
    L' " Homme anglais ". - Ressources et puissance militaire de
l'Angleterre.
              ous n'avons pas ý revenir sur
              l'exposÈ de la politique bri-
              tannique pendant les annÈes
              qui se sont ÈcoulÈes depuis
              t la guerre de i87o jusqu'ý la
              mort d'Edouard VII.
            I W  Nous avons dit comment
               la transformation radicale qui
               s'est produite dans cette po-
               litique -faisant de l'associÈe
               de l'Allemagne que fut long-
               temps l'Angleterre, l'initia-
trice de la Triple-Entente, - a modifiÈ, du
tout au tout, la balance des choses euro-
pÈennes.
  Je voudrais, dans l'espËce de revue que je
tente, des puissances, ý la veille de la guerre,
indiquer de quel pcids pËse l'Angleterre dans
les affaires du monde, les dispositions du peuple
anglais ý l'Ègard de l'Allemagne, les disposi-
tions du peuple allemand ý l'Ègard de l'Angle-
terre et les forces dont l'Angleterre disposait
pour prendre part au conflit; en un mot, je
voudrais dire quel adversaire Ètait l'Angleterre
pour l'Allemagne, tandis que l'Allemagne la
provoquait si imprudemment.
  Le rÙle de l'Angleterre, ou plutÙt de la
Grande-Bretagne, dans les affaires gÈnÈrales
du monde, est si considÈrable qu'il a fallu, chez
l'Allemagne, ou un vÈritable aveuglement ou
une nÈcessitÈ inÈluctable, pour ne pas mÈnager
cette force, au moment o~ elle se dÈcidait ý
soutenir son alliÈe, l'Autriche-Hongrie, dans
ses ambitions balkaniques. Ce n'Ètait pas chose
impossible  l'Angleterre et l'Autriche avaient
de vieilles camaraderies et collaborations bal-
kaniques, toutes deux Ètant liÈes, depuis de
longues annÈes, par une mÍme opposition ý
l'expansion slave dans les Balkans.
  Quoique l'Angleterre est pris, depuis l'avË-
nement d'Edouard VII, le parti de se rappro-
cher de la France et de surveiller de prËs
l'accroissement de la puissance allemande, quoi-
qu'elle est ÈtÈ mise en mÈfiance par le fameux
 Notre avenir est sur l'eau ª, il n'est pas dou-
teux que ce grand pays craignait d'en arriver
ý une rupture avec l'Allemagne.
  Les restrictions qu'il apportait ý la mise en
pratique de l'Entente cordiale, le soin avec
lequel il s'appliquait ý Èviter le mot alliance,
le souci de ne pas perdre le contact diplo-
matique avec Berlin, tout confirme ce juge-
ment. Les dÈclarations des ministres anglais
marquent toujours une grande rÈserve quand
ce sujet dÈlicat est abordÈ. Sir Edw. Grey,
M. Asquith ne cessent de rÈpÈter  qu'il n'y a,
entre la France et l'Angleterre, aucun engage-
2 3f


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