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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome, 1 (1915)

Chapitre IV/ L'Allemagne politique,   pp. 63-[111] PDF (24.1 MB)


Page 63


CHAPITRE IV
L'ALLEMAGNE POLITIQUE
La Constitution de l'Empire Allemand. - Les Causes de dissolution.
                            Le Gouvernement impÈrial: l'Empereur.
              N somme, la cause principale
              de la guerre de I9I4, c'est
              l'existence, au milieu de l'Eu-
              rope, d'une Ènorme machine
              industrielle et militaire, dont
              la force s'accroÓt sans cesse
              et qui ne possËde, dans son
              organisme, aucun   frein ca-
              pable de la dominer ou de la
              rÈgler.
                    Au moment o~ il fondait
               la ConfÈdÈration de l'Alle-
magne du Nord et surtout, plus tard, quand
il faisait proclamer l'Empire ý Versailles, Bis-
marck qui, pour aboutir ý ses fins, avait
accordÈ au peuple allemand le suffrage uni-
versel, mesurait la difficultÈ du problËme.
La Prusse serait-elle assez forte pour contenir
les particularismes allemands et l'empereur
nouveau aurait-il assez d'autoritÈ pour assurer
la sÈcuritÈ extÈrieure et diriger la politique
intÈrieure?
   Il ne voulait pas entendre parler de cette
rÈsurrection de ((l'empire romain ª dont le
prince hÈritier Ètait partisan. Il savait, par
la vieille histoire de l'Allemagne, ce que ce
titre avait d'illusoire. Le roi de Prusse hÈsitait
mÍme ý prendre le titre d'empereur; il disait:
 Que voulez-vous que je fasse de ce diplÙme
Les ÈlÈments de discipline
de commandant honoraire? ) Mais Bismarck
rÈpondait: Votre MajestÈ ne peut pourtant
pas rester Èternellement un substantif neutre:
das Proesidium! Il y a, dans ce mot de proe-
sidium, une abstraction. Cette expression:
(( L'Empereur, ª possËde, au contraire, une
grande force, un Èlan puissant!
   Le roi du Prusse devint donc l'empereur
allemand : et ce titre comporte, en effet, une
puissance effective et concrËte tout autre
qu'une prÈsidence quelconque de ConfÈdÈ-
ration.
   Mais, si l'on voulait maintenir, en mÍme
temps, le principe et la pratique du suffrage
universel, si l'on voulait assurer le contrÙle
par la presse et par les Chambres- nÈces-
saire pour Ècarter l'absolutisme pur et simple,
- l'Empire ne pouvait Èviter le danger
des rÈvolutions qu'en s'appuyant sur les
classes dirigeantes et possÈdantes . Bismarck
explique trËs clairement sa pensÈe : Sans
doute, la sagesse supÈrieure des classes intel-
ligentes a pour base matÈrielle la prÈoccu-
pation de conserver leur propriÈtÈ. MalgrÈ
cela, pour la sÈcuritÈ et le dÈveloppement
de
l'Stat, la prÈpondÈrance de ceux qui reprÈ-
sentent la propriÈtÈ est plus utile... Tout
grand corps politique auquel manquera l'in-
fluence prudente et retardante de ceux qui


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