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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome, 14 (1922)

Chapitre LX (suite)/ Le front occidental en 1915/ La guerre des tranchées,   pp. 1-[58] PDF (33.5 MB)


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LE FRONT   OCCIDENTAL  EN  I9I5.
exactement sur la situation dans les Balkans.
Enfin, le 2 dÈcembre, M. Briand rÈalisa une
premiËre Ètape dce la coordination des efforts des
armÈes alliÈes en plaÁant, par dÈcret, l'armÈe
Sarrail sous les ordres de Joffre.
  Pour seconder le commandant en chef, l'or-
ganisateur de la bataille de Champagne, le
gÈnÈralde Castelnau, quitta le groupe d'armÈes
du Centre, mis sous
les ordres de Langle
de Cary, pour occu-
per, ý Chantilly, les
fonctions  de  chef
d'Ètat-major gÈnÈral
des armÈes.
  Enfin, le marÈchal
French ayant deman-
dÈ  ý  quitter  son
commandement, fai-
sait ses adieux aux
troupes combattant
en France. Le gÈnÈ-
rai Douglas Haig pre-
nait, le i9 dÈcembre,
sa succession et de-
vait la garder j usqu'ý
la fin de la guerre.
  L'Angleterre   la
confiait au plus di-
gne. C'est aussi qu'el-
le se rendait mieux
compte, de jour en
jour, de la grandeur           LE GtNERAL
de l'effort ý accomplir
dans tous les domaines.  Kitchener s'Ètait
trouvÈ, Ècrit Sir George Arthur, dans la situa-
tion du chef qui, pour faire l'omelette, doit
commencer d'abord par crÈer une ferme. ª
Il avait dit, en octobre I9I4, que la guerre
durerait au moins cinq ans. Or, il manquait de
tout. Il y eut alors une telle ardeur au travail
qu'ý la fin de I9I5, le War Office avait, en
quinze mois, envoyÈ en France 7 millions
d'obus et 3 3i6 canons. Kitchener avait com-
mandÈ en Angleterre ou en AmÈrique, avant le
mois de mai 19I5, pour Ítre livrÈs jusqu'ý la
fin de i9i6, plus de 27 000 mitrailleuses.
3 86o ooo fusils furent Ègalement commandÈs;
mais l'AmÈrique, qui devait en fournir dËs
juillet i9i5, n'en livra pas avant mai i9i6 et,
jusqu'ý ce moment, ce fut un grave souci. On
manquait de main-d'oeuvre. On dut frapper ý
toutes les portes et Lloyd George, bientÙt
ministre des munitions, recueillit et dÈveloppa
                        les fruits de ces ini-
                        tiatives.
                          L'oeuvre capitale
                        de Kitchener fut le
                        recrutement des ar-
                        mÈes nouvelles. DËs
                        son entrÈe au War
                        Office, le 6 aost I914,
                        il avait dÈcidÈ que
                        l'Angleterre mettrait
                        en ligne 70 divisions;
                        en janvier i9i6, 67
                        d'entre elles Ètaient
                        en ligne ou prÍtes ý
                        y entrer. Ce fut, a-
                        t-on dit, une magni-
                        fique improvisation.
                        Les  traditions,  la
                        confiance dans la
                        flotte, la situation
                        insulaire, l'Ètat d'es-
                        prit des Anglais ne
                        permettaient pas de
                        mettre alors sur pied
)UGLAS HAIG             un systËme de cons-
                        cription; on se tint
au systËme de l'enrÙlement volontaire. Aux
appels de Kitchener, soutenu bientÙt par
l'activitÈ de lord Derby, l'enrÙlement donna
de surprenants rÈsultats: pendant la   se-
maine de la retraite de Belgique, avant la
Marne, 250 000 hommes s'Ètaient prÈsentÈs
aux bureaux de recrutement; il fallut, par
manque d'Èquipements, endiguer le flot. En
septembre I9I5, le systËme de l'engagement
volontaire avait donnÈ 2 millions d'hommes.
  Cependant la guerre nouvelle exigeait des
efforts nationaux portÈs ý l'infini. Les raids
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- LA GUERRE DE TRANCHSES
DC


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