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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome, 14 (1922)

Chapitre LX (suite)/ Le front occidental en 1915/ La guerre des tranchées,   pp. 1-[58] PDF (33.5 MB)


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HISTOIRE  ILLUSTRSE  DE LA  GUERRE  DE  I914
journÈes de la fin de juin i9i5 que date l'origine
des grandes confÈrences militaires interalliÈes.
   La premiËre de ces assises militaires se
tint, quelques jours plus tard, ý Calais et, le
7 juillet, ý Chantilly.
    Le gÈnÈral Joffre y propose, Ècrit M. Mille-
rand, que sur les deux fronts principaux : le
franco-anglais et l'italo-serbe, les AlliÈs pren-
nent une puissante off ensiveleplus tÙt possible.
Comme, au cours de
l'Èchange de vue entre
les membres de la con-
fÈrence, l'un d'eux a
parlÈ d'un effort pro-
chain et  dÈcisif ª, le
gÈnÈral Joffre  fait
observer qu'il est plus
sagedene pasemployer
le mot dÈcisif. La
guerre o~ nous som-
mes engagÈs a une
telle Ètendue que les
succËs les plus Ècla-
tants n'y ont pas tou-
jours ÈtÈ suivis d'un
effetdÈcisif.Lemieux
est de dire que l'effort
ý prononcer sera le
plus puissantpossible
en raison des moyens      TOURNAGE DE LA
dont on dispose (I). ª
  Joffre rendit compte des conclusions de
la confÈrence ý ses lieutenants, Foch, Castel-
nau  et Dubail, le 8 juillet:
  Le gÈnÈral Joffre, Ècrit Dubail, nous met au courant
des
efforts faits pour amener une entente internationale por-
tant coordination de l'action des diffÈrentes armÈes. Lec-
ture du procËs-verbal de la rÈunion rÈcente ý Calais,
des
reprÈsentants des gouvernements franÁais et britannique,
des gÈnÈraux en chef franÁais et anglais et des attachÈs
militaires des diffÈrentes armÈes.
En rÈsumÈ, l'Angleterre voudrait la dÈfensive pure
jusqu'ý nouvel ordre, attitude inadmissible au point de
vue de nos devoirs d'alliÈs vis-ý-vis de la Russie et de
l'Italie.
(i) A, MILLERAND, Le marÈchal joffre (Reiue hebdoma-
daire du 15 fÈvrier 191q).
  On prendra donc l'offensive afinde retenir le plus de forces
possible, tout en s'efforÁant de percer. Mais on ne sera en
mesure de procÈder ý une offensive gÈnÈrale de
toutes
les armÈes alliÈes que vers le mois d'octobre ou de
novembre.
  L'Angleterre va envoyer, d'ici le 6 aost, six nouvelles
divisions qui permettront de relever quatre des nÙtres.
L'envoi de divisions nouvelles suivra jusqu'en avril pro-
chain. Mais, pendant au moins trois mois, l'Angleterre
ne sera en mesure d'alimenter son artillerie qu'ý raison
de 7 ou 8 coups par piËce et par jour.
CEINTURE DES OBUS
ON PRSPARE
L'OFFENSIVE
GSNSRALE.
TACTIQUE
ET STRATSGIE
  Les     prÈoccupa-
tions sont donc de
toute nature. On a
vu que les troupes
poussent leur fabri-
cation, que le gou-
vernement franÁais
a pris l'initiative de
coordonner les opÈ-
rations de l'Entente.
Cependant l'Angle-
terre est lente ýs'or-
ganiser; ses stocks
de munitions-sont de
bien faible impor-
                          tance, ses renforts
arrivent au compte-gouttes ; vu la h'te rÈ-
clamÈe par les alliÈs de Russie et d'Italie, qui
donc devra, une fois encore, porter le fardeau
et accepter le sacrifice? L'armÈe franÁaise.
  Du moins, sera-t-on prÍt? Question angois-
sante, et jusqu'ý la derniËre semaine. Une
confÈrence suprÍme rÈunira, le ii aost, ý Chan-
tilly, M. Millerand, Joffre, Foch, Castelnau,
Dubail. On y calculera la quantitÈ de munitions
d'artillerie lourde dont on pourra disposer la
semaine suivante: I 200 000 COUPS. M. Mille-
rand s'inquiËte de ce que l'offensive soit connue
de tout le monde. D'autre part, les Allemands
ne vont-ils pas attaquer eux-mÍmes et, en ce
cas, est-on en mesure de prÈserver la capitale?
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