University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
The History Collection

Page View

Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome, 14 (1922)

Chapitre LX (suite)/ Le front occidental en 1915/ La guerre des tranchées,   pp. 1-[58] PDF (33.5 MB)


Page 6


HISTOIRE  ILLUSTREE  DE  LA  GUERRE  DE  I9I4
vement   tournant >ª et  l'effondrement de
l'arriËre, les peuples se retournant contre
leur chefs sur toute la surface de l'Em-
pire.
  C'est ý cette source de confiance que
s'abreuvait la fermetÈ franÁaise. Elle savait
que les forces de l'ennemi iraient toujours
diminuant, tandis que ses propres forces, par
l'accession de nouveaux alliÈs, iraient toujours
s'accroissant. Il suffisait de tenir.
LE GOUVERNEMENT                L''me fran-
DE 1915 A 1917.               Áaise Ètait sans
LE CABINET BRIAND            dÈfaillance. A
son tour, le Gouvernement, digne des plus
beaux Áxemples de la premiËre RÈpu-
blique, se modifiait et se transformait pour
la persÈvÈrance et pour l'unitÈ jusqu'ý
la victoire. Un nouveau ministËre, vrai-
ment < d'union sacrÈe ª, prenait la direc-
tion des affaires, sous la prÈsidence de
M. Briand.
  Nous avons dit en quelles circonstances le
cabinet Viviani avait succombÈ. A la suite des
erreurs commises dans la politique balkanique,
la Chambre avait demandÈ des explications
au Gouvernement. Le i2 octobre i9i5, M. Vi-
viani avait rÈpondu ý la place du ministre des
Affaires ÈtrangËres, M. DelcassÈ, malade et
hostile ý l'expÈdition de Salonique. Le cabinet
remettait sa dÈmission au PrÈsident de la
RÈpublique le 30 octobre. Il Ètait remplacÈ
par un cabinet Briand o~ M. Viviani figurait
comme garde des Sceaux, M. Briand prenant
le portefeuille des Affaires ÈtrangËres. L'idÈe
maÓtresse du nouveau prÈsident du Conseil,
celle dont il allait poursuivre la rÈalisation
pendant les dix-huit mois que dura son minis-
tËre (octobre 19i5-mars I9I7), fut l'union,
l'unitÈ. Depuis M. Albert Thomas jusqu'ý
M. Denys Cochin, toutes les nuances de l'opi-
nion Ètaient reprÈsentÈes dans son cabinet.
Les  ministres d'Stat ª, anciens prÈsidents du
Conseil ou personnages considÈrables, MM. LÈon
Bourgeois, Jules Guesde, Combes, MÈline,
de Freycinet, entouraient le gouvernement de
leur autoritÈ et de leurs' conseils. M. Ribot
Ètait aux Finances, M. Albert Thomas aux
Munitions, l'amiral Lacaze ý la Marine, le
gÈnÈral GalliÈni ý la Guerre, M. Millerand
disparaissait.
  M. Briand Ètait un vigoureux dÈfenseur de
la  diversion de Salonique ª. Le premier rÈsul-
tat de son accession au pouvoir fut de la sau-
ver par une vigoureuse pression sur le gou-
vernement britannique. D'autre part, se ren-
dant ý Rome le i8 janvier i9i6, M. Briand y
prononÁa la fameuse parole sur l'unitÈ de
front:  Il faut, quand nous sortirons d'ici,
disait-il aux plÈnipotentiaires rÈunis, qu'il n'y
ait plus dÈsormais pour les AlliÈs, qu'une seule
cause servie par une seule armÈe, combattant sur
un seul front, contre un seul ennemi, sous une
direction unique. ª
  C'Ètait la pensÈe du gÈnÈral en chef, c'Ètait
la pensÈe de la France entiËre ; mais la France
devait avoir bien de la peine ý la faire accepter
par tes autres alliÈs ; pourtant, c'Ètait, comme
le prouvËrent les ÈvÈnements, la condition de
la victoire.
  N'est-il rendu que ces deux services, main-
tenir l'expÈdition de Salonique, promouvoir
l'unitÈ des coeurs, des efforts et du commande-
ment, que M. Briand est eu un rÙle dÈcisif
sur l'heureuse issue de la guerre. Il en rendit
d'autres. Il sut organiser (mission Thomas-
Viviani ý PÈtrograd) la prolongation de la
rÈsistance russe en lui fournissant les res-
sources et les armements. Tandis que lord
Kitchener pÈrissait victime du torpillage,
et que Lloyd George, prÈcÈdemment ministre
des Munitions, devenait ministre de la Guerre,
en France GalliÈni mourait et Ètait remplacÈ
par le gÈnÈral Roques. Ainsi un premier Èbran-
lement du cabinet Briand se produisait. Cepen-
dant, on prÈparait, dans un concert intime avec
le haut commandement, cette longue bataille
de la Somme qui n'Ètait qu'un nouvel acte de
la Bataille des communications et dont nous
allons donner le dramatique exposÈ coupÈ par
la formidable diversion de Verdun.
6


Go up to Top of Page