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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome, 1 (1915)

Chapitre VI/ La France en face de l'Allemagne,   pp. 130-[152] PDF (11.2 MB)


Page [152]


HISTOIRE* IL LUSTRSE J1) DE  A (DE 1D14
pour les puissances alliÈes, (le garder leur
avance et de la maintenir dans une situation
telle que la flotte allemande ne pst jamais
dominer l'union des deux flottes anglaise et
franÁaise.
  Quelle que soit la puissance qui verrait
ses communications maritimes dÈfinitivement
interceptÈes, elle serait rapidement rÈser-
vÈe au sort dÈpeint par le lieutenant de
vaisseau Hache: n Des milliers de malheureux
privÈs de travail et de pain se tourneraient
vers le gouvernement, impuissant ý leur en pro-
curer. Il suffit de songer, un instant, ý la crise
que dÈchaÓnerait dans le pays une pareille
dÈtresse intÈrieure, pour comprendre combien
la libertÈ de la mer est nÈcessaire ý tout
peuple
combattant dans les conditions de la guerre
moderne. n Le commandant ajoutait, songeant
ý la France: n Une telle dÈtresse amortirait
les rÈsultats de nos premiers succËs (sur terre)
ou bien rendrait impossible toute vellÈitÈ de
rÈsistance en cas de premier revers. ª
  Le raisonnement n'en est que plus fort pour
l'Allemagne, plus retirÈe encore au coeur du
continent.
  Nous dirons bientÙt ce que l'Angleterre a
fait pour garder, vis-ý-vis de l'Allemagne,
l'empire de la mer. Voyons ce que la France fit
pour ne pas perdre tout ý fait son rang:
  En I914, la France, aprËs avoir longtemps'
t'tonnÈ sur le plan de ses constructions na-
vales et avoir, de ce chef, subi des retards
dÈplorables, perdait le deuxiËme rang parmi
les puissances.
  Cependant, sa force, appuyÈe sur celle de
l'Angleterre, n'Ètait pas ý dÈdaigner:
  On lui attribuait sur les annuaires officiels
25 cuirassÈs         dÈplaÁant  346.180
tonnes
i9 croiseurs cuirassÈs         200.640  -
9 cioiseurs protÈgÈs
83 destroyers
118 torpilleurs
72 sous-marins
   L'artillerie comporte les donnÈes suivantes
          l 1o piËces de 3o5 millimËtres
                        274
           72           2 40   -
           o6           I )(   -
           rn-     -     ,A
   Toutes les unitÈs de premier rang qui
figurent sur ces tableaux ne sont pas d'Ègale
valeur. Il convient de considÈrer surtout la
formation de la flotte franÁaise, en tant que
pouvant Ítre d'une rÈelle utilitÈ dans un
combat moderne.
   Nos forces navales Ètant partagÈes entre
l'ocÈan Atlantique (y compris la Manche) et
la mer MÈditerranÈe, se prÈsentent ainsi:
Nous possÈdons: If, dans la mer du Nord,
4 cuirassÈs (dont un de plus de vingt ans d''ge),
7 croiseurs cuirassÈs de 7.700 ý IO.OI4 tonnes
et 22 contre-torpilleurs ; 20, dans la MÈditer-
ranÈe, i9 cuirassÈs (dont un de plus de vingt
ans d''ge), II croiseurs cuirassÈs (dont trois
de plus de vingt ans) et 35 contre-torpil-
leurs.
  La flotte franÁaise possËde deux dread-
noughts, le Jean-Bart n et le ª Courbet, n et six
cuirassÈs, d'une valeur presque Èquivalente, le
 Voltaire ª, le  Condorcet ª, le n Danton ª,
le n Mirabeau n, le n Diderot ª, le  Vergniaud n.
  En I914, doivent Ítre achevÈs les cuirassÈs
le  Paris ª et la a France n.
  Les cuirassÈs  Bretagne n, ( Provence ",
< Lorraine n les suivront.
  La proportion des-canons de fort calibre Ètait
ý l'Ègard des canons de la flotte allemande
comme i8 est ý 22.
  Il faut ajouter, ý ces indications, l'existence
d'un certain nombre d'unitÈs rÈparties en
divers points du globe: io croiseurs de valeur
inÈgale, une flottille de 35 contre-torpilleurs et
5 sous-marins, une flottille de sous-marins et
de torpilleurs ý Bizerte.


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