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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome, 1 (1915)

Chapitre II/ La politique de l'Angleterre[:] la triple entente,   pp. 27-[40] PDF (6.6 MB)


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HISTOIRE ILLUSTRSE DE LA G UERRI Dl 1914
les premiers pourparlers aient soulevÈ des
questions insolubles, l'initiative de Cham-
berlain fut accueillie froidement, aussi bien en
Angleterre qu'en Allemagne. Les choses en
restËrent lý. Chamberlain se dÈtacha peu
ý peu d'une idÈe ý laquelle il ne renonÁa
tout ý fait, cependant, qu'aprËs l'avËnement
d'Sdouard VII.
L'EMPEREUR GUILLAUME ET             Pendant
LA GUERRE DU TRANSVAAL la pÈriode
critique de la guerre du Transvaal, l'attitude
de l'empereur Guillaume ý l'Ègard de l'Angle-
terre parut ambiguÎ. On est dit qu'il voulait
se servir des circonstances pour faire sentir ý
l'Angleterre le poids de l'alliance allemande.
   D'une part, lors du raid Jameson, l'empereur
Guillaume adressa au prÈsident Krger un
tÈlÈgramme de sympathie qui eut, en Afrique
du Sud, un grand retentissement. D'aprËs le
gÈnÈral Viljoen, depuis, le prÈsident Krger
aurait dÈclarÈ qu'il avait l'espÈrance,
d'aprËs
les paroles de l'empereur Guillaume, que l'Alle-
magne ne permettrait pas ý l'Angleterre de
s'emparer des rÈpubliques boers. Le prÈsident
Krger ajoutait, qu'au cas o~ les Boers ne
seraient pas en mesure de dÈfendre leur
existence comme nation, il savait que l'empe-
reur Guillaume s'interposerait, avec la France
et la Russie, pour les sauver, dËs que l'Angle-
terre aurait subi un premier Èchec. Ce qui
confirme ces promesses plus ou moins expli-
cites, c'est, qu'au cours de la lutte, la diplo-
matie impÈriale fit ý la France des propositions
d'intervention, propositions que la France
dÈclina.
   D'autre part, dans des ((dÈclarations ý un
diplomate ª, reproduites par un-article cÈlËbre
du Daily Telegraph (28 octobre i908), l'empe-
reur Guillaume a plaidÈ sa cause et expliquÈ
son attitude, sinon celle de l'Allemagne, d'une
faÁon toute diffÈrente: <(Sans aucun doute,
l'opinion allemande Ètait hostile, l'opinion
proprement dite Ètait hostile, mais l'Allemagne
officielle l'Ètait-elle?
   ( Les dÈlÈguÈs boers furent fÍtÈs
en
France
et en Hollande; ils dÈsiraient venir ý Berlin
et le peuple allemand les est couronnÈs de
fleurs; mais, dËs qu'ils me demandËrent de les
recevoir, je leur opposai un refus... Lorsque
la guerre battait son plein, le gouvernement
allemand fut invitÈ par les gouvernements
de France et de Russie ý intervenir auprËs de
l'Angleterre pour la sommer de terminer les
hostilitÈs. Quelle fut ma rÈponse? Je rÈpondis
que, loin de participer ý une action europÈenne
destinÈe ý prÈcipiter la chute de l'Angleterre,
l'Allemagne se tiendrait toujours ý l'Ècart des
entreprises qui pourraient la brouiller avec
une puissance maritime telle quebl'Angleterre.
Les Anglais, qui maintenant (en i908) m'insul-
tent, devraient savoir quelle fut ma conduite
ý l'heure de l'adversitÈ... ª
   Comme il est difficile de concilier ces dÈcla-
rations avec des faits patents, comme le tÈlÈ-
gramme au prÈsident Kriiger et la dÈmarche
auprËs du gouvernement franÁais au temps o~
M. Bourgeois Ètait ministre des Affaires Ètran-
gËres, la thËse officieuse allemande s'en tire
ainsi qu'il suit: M. de Blow fait observer,
ý la tribune du Reichstag que le tÈlÈgramme
impÈrial de i896 ne dÈtermine pas la politique
allemande in omnes casus et eventus, in secula
seculorum.
   Cette explication, d'une ironie un peu
lourde, prÈpare celle du chancelier de Beth-
mann-Hollweg, quand il s'agira d'expliquer la'
violation de la neutralitÈ belge:  On fait
comme on peut. >)
   Plus adroitement, l'apologiste de Guil-
laume 11, M. Stein, prÈtend que l'Allemagne
n'aurait promis aux rÈpubliques africaines
qu'un appui diplomatique. En un mot, la
politique allemande se rÈservait de voler  au
secours de la victoire ª.
   L'empereur Guillaume prÈtendit apporter,
ý l'appui de sa dÈfense auprËs de l'opinion
anglaise, un ÈlÈment plus prÈcis encore.
Il
dit, en propres termes, dans la fameuse inter-
view du Daily Telegraph:  Je me fis ren-


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