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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome, 1 (1915)

Chapitre II/ La politique de l'Angleterre[:] la triple entente,   pp. 27-[40] PDF (6.6 MB)


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HISTOIRE ILLUSTRSE DE LA GUERRE DE 1914
en Egypte, au moment o~ le problËme tunisien
ouvrait l'Ëre de la politique coloniale.
   L'Angleterre apprÈhendait pour ses com-
munications mondiales l'expansion russe et
l'expansion franÁaise en MÈditerranÈe, tandis
qu'elle pensait n'avoir rien ý craindre de la
puissance allemande, toute continentale et
septentrionale. Elle se lanÁa donc avec vigueur
dans la lutte d'influence contre la Russie et
contre la France.
   De i882 ý I902, c'est la pÈriode des con-
quÍtes extra-europÈennes et, en mÍme temps,
c'est l'apogÈe de l'impÈrialisme anglais. La
Triple Alliance s'organise en Europe; elle ne
donne nul souci ý la politique britannique. Au
contraire, celle-ci voit, dans l'Autriche, une
alliÈe contre les Slaves: elle trouve, dans
l'Italie de Crispi, un point d'appui contre
l'expansion franÁaise dans la MÈditerranÈe
et
la mer Rouge.
   L'alliance franco - russe, conclue en i89i,
excite les soupÁons de la Grande-Bretagne
plutÙt qu'elle n'Èbranle ses rÈsolutions:
aux
diverses phases de cette longue odyssÈe, elle se
tient tout prËs de l'Allemagne et souvent solli-
cite son appui, C'est l'Allemagne qui l'aide
dans les affaires d'Sgypte; c'est avec l'Alle-
magne qu'elle partage l'Afrique orientale en
I893; elle facilite, de son aide sympathique, la
naissance de l'empire colonial allemand et
cËde, au cours des arrangements coloniaux,
comme un objet d'Èchange insignifiant, cette
Óle d'HÈligoland, dont elle sent si cruellement
la privation aujourd'hui; c'est d'accord avec
l'Allemagne qu'elle arrange, contre la Russie,
les occupations presque simultanÈes de Kiao-
TchÈou et de WeÔ-HaÔ-WeÔ et qu'elle
souscrit,
en i900, un projet d'ensemble visant les desti-
nÈes de la Chine.
   En mÍme temps, elle pousse l'Italie ý
Massaouah et s'appuie sur elle pour s'emparer
de la haute Sgypte et du Soudan.
   Elle va chercher dans le Japon un alliÈ
contre la Russie et prÈpare ainsi le dÈsastre
de Moukden. Peu s'en faut qu'elle ne se laisse
entraÓner aux ruptures dÈfinitives avec la
France ý propos du Siam et de la Tunisie, ý
propos de Madagascar, ý propos de la pos-
session du Congo et du haut Nil. Il fallut la
modÈration persistante des gouvernements
pour Èviter ces ruptures, dans la pÈriode cri-
tique qui aboutit ý l'affaire de Fashoda.
   L'Angleterre fut mÍme sur le point de
commettre la faute suprÍme, en confiant le
sort du Maroc ý l'Allemagne, par crainte de
voir s'y implanter l'influence lÈgitime de la
France. En i900, ý la suite de l'arrangement
anglo-allemand relatif ý la Chine, l'empereur
Guillaume disait encore : L'entente avec le
plus grand des Ètats germaniques en dehors de
l'Allemagne sera, dans l'avenir, un puissant
adjuvant pour les efforts communs des deux
peuples sur le marchÈ du monde. )
   A la fin pourtant, cette politique trouva une
pierre d'achoppement dans la guerre du Trans-
vaal. L'Allemagne maritime et coloniale a
grandi; l'Allemagne industrielle et commer-
ciale s'est dÈveloppÈe. L'empereur Guillaume
a prononcÈ la devise :  Notre empire est sur
la mer. ª L'Angleterre et M. Chamberlain lui-
mÍme commencent ý rÈflÈchir.
LE REVIREMENT DE 1900     Lepointcritique
DANS LES RELATIONS des relations an-
ANGLO-ALLEMANDES           glo-allemandes
paraÓt dater desderniËres semaines du xixe
siËcle (novembre i899). En octobre i899, la
politique impÈrialiste de Chamberlain et de
Cecil Rhodes aboutit ý la guerre du Trans-
vaal. Il semble bien que l'Allemagne ait voulu
profiter de cette circonstance pour forcer la
main ý l'Angleterre et la contraindre. en
quelque sorte, ý sortir du splendide isole-
ment ª au profit de la Triple alliance.
   La guerre avait ÈclatÈ en octobre; en novem-
bre, Guillaume II, accompagnÈ du chancelier
comte de Biilow, arrivait ý Londres. Le
27 novembre, celui-ci se rendait chez Cham-
berlain sans s'Ítre fait annoncer.
  Il n'avait pas voulu quitter Londres,
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