University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
The History Collection

Page View

Bulletin de la mission laïque Française
(1917)

Les déportations et le travail forcé,   pp. 14-24 PDF (5.0 MB)


Page 15


-RAN
soilt
e a.Ws v; s.zsaY1 n  I U  ll u .urt im ue ne pouvoir demenager,
chaque maison -porte accrochde a son seuil une pancarte avec les noms,
prinoms, Ages et sexes, de tous les habitants.
Les jeunes gens de quatorze ans et plus sont envoy~s dans les camps
de concentration. Les jeunes femmes et les jeunes filles sont arrachees de
meme d leur famille et rassemblees par groupes, pdle-m~le avec les femmes
de mauvaise vie, avec les plus basses prostitutes. On les envoie dans des
camps, ou elles sont u divisees * selon les travaux qui leur sont imposes,
comme par exemple, K servir les officiers . Arrivees a destination, elles
sont d'aileurs systematiquement privees du droit de donner de leurs nou-w
velles a leurs families. De jeunes mdnages ont &6 ainsi separds sans
que,
de part et d'autre, mari et femme puissent savoir ce qu'ils sont devenus.
En Allemagne, les travaux les plus durs sont imposes aux deportes,
avec, par surcroit, un regime sdvere de terrorisme et de penalitds: injufts,.
coups de crosse, nourriture innommable et plus qu'insuffisante, punitions-
barbares. Une mime gamelle de bois sert a la fois pour contenir la nourri-
ture et pour les soins elementaires de propret6. On couche le plus souvent
sur la terre, sans abri, expos6 a toutes les morsures du froid. A ce regime,
d'ailleurs, beaucoup s'epuisent, s'etiolent et succombent fatalement, au
mal. .Les autres reviennent dans un etat d'effrayante maigreur.
Quant aux levees en masse, voici comment les Allemands operent. Un
soir, ils avertissent les habitants d'une maison d'avoir a se tenir le lende-
main, de bonne heure, devant la porte de leur demeure. Le lendemain, A
I'heure dite, tous sont obliges de se ranger devant la maison et d'y rester,
quel que soit le temps, pluie ou neige, pendant plusieurs heures, parfois-,
en attendant que les officiers aient fait leur choix parmi eux. Des vieiilards
qui, de toute fagon, ne devaient pas etre emmen~s, y sont morts de froid.
apr~s de vaines protestations, n'ayant pu obtenir l'autorisation de rentrer
chez
eux. Le choix des officiers aussitbt fait, les separations, cela va sans
dire,
sont duchirantes.
I1 arrive frequemment que les officiers, passant en revue les habitants
d'une maison, distinguent des femmes et des jeunes filles-dont la beaut6
oula
joliesse retient leur attention. Malheur a elles ! Elles sont inscrites sur
une
liste spdciale et designee a la a kommandantur D qui ne tardera pa'sa 4l
inviter a a venir n chez les officiers. Celles qui s'y refuseront seront
aussit6t
punies d'un mois de prison. A l'expiration de cette peine, si elles refusent,
de nouveau, c'est la forteresse qui se referme sur elles. Enfin, un nouveau
refus entraine pour elles une vdritable condamnation aux travaux iforc:
(Ricit de rapatri's d'apres Le Temps).
3 ;'
--  . -1


Go up to Top of Page