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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome, 1 (1915)

Chapitre VII/ Les puissances européennes: l'Autriche-Hongrie,   pp. 153-[171] PDF (10.0 MB)


Page 167


LES PUISSANCES EUROPSENNJS : L AUTRICHE-HONGRIE
parti ou ý une cause, il manquerait ý son devoir.
  M. Steed dit (< La politique des Habsbourg
est un opportunisme exaltÈ ý la poursuite
d'une idÈe dynastique immuable. , TiraillÈ
entre les  intÈrÍts divers  et  rivaux  qui
convoitent l'influence, il est comme un pËre
de famille au milieu
d'enfants qui se dispu-
teraient son autoritÈ
et son coeur; ne vou-
lant et ne pouvant
sacrifier ni les uns,
ni les autres, il alterne
dans ses prÈfÈrences
et dans ses sÈvÈritÈs,
pour laisser ý ceux
qui lui survivront la
fortune sauve et le       f
foyer intact.
  Pour faire compren-
dre ces nÈcessitÈs que
le monarque a ds su-
bir, rien  n'est plus
frappant que l'atti-
tude de FranÁois-Jo-
seph ý l'Ègard des
   Allemands   ª  de
l'empire. Depuis qua-
rante ans, la politique
impÈriale, au dehors,
a ÈtÈ exclusivement
allemande; or, au de-
dans, les Allemands
de  l'Autriche  sont
restÈs en Ètat de dÈfa-
veur   constante   et
n'ont, pour ainsi dire,
pas pu approcher le      FRANGOISJOSEPH
prince.
  Celui-ci craignait-il, qu'appuyÈs sur l'alliance
ils ne devinssent trop prÈpondÈrants, ou bien,
la nÈcessitÈ de mÈnager la Hongrie lui imposait-
elle les apparences d'une rancune d'autant plus
prolongÈe qu'elle Ètait plus voulue et plus
politique? En fait, l'empereur a pour devoir
de parer toujours au plus grand mal; d'o~ sa
versatilitÈ, ý la fois rÈflÈchie
et inquiËte,
qui ne l'a
fait cÈder que devant l'Èmeute et la rÈvolution.
FRAN«OIS-JOSEPH         Dans   une  person-
                      nalitÈ  aussi intime-
ment adaptÈe ý ce rÙle que l'est celle de
                       FranÁois-Joseph  de-
                       puis soixante-cinq ans,
                       il est, pour ainsi dire,
                       impossible de distin-
                       guer l'homme du mo-
                       narque. Ce vieillard
                i a tragique, ÈlevÈ sur le
                       trÙne en pleine rÈvo-
                       lution, qui subit les
                       tourmentes de I849,
     j02800 .sv 00;;  S0 de i859, de i866, qui
                       vit disparaÓtre, au-
                       tour de lui, tous les
    W;;;; C          0 lsiens, qui resta debout,
                       Ènigmatique et froid,
                       et qui, aprËs avoir
                       assurÈ ý ses peuples
                       les bienfaits d'une paix
                       de quarante-six ans, a
                       fait, au dÈclin de sa
                       vie, le geste qui com-
                       promet tout, ce vieil-
                       lard est-il un homme
                       Èminent ou seulement
                       supÈrieur? n'est-il
                       qu'une mÈdiocritÈ te-
                       nace, livrÈe au caprice
                       des ÈvÈnements et des
                       camarillas ? On ne sait.
          _           ~~~Grand cllasseur,
                       d'habitudes rÈguliËres,
FT GUILLAUME Il      un peu maniaque, re-
                       clus dans une Ètroite
intimitÈ qui le sÈpara de l'impÈratrice
Elisabeth,
il passe pour bonhomme et on le dit bon... mais,
dans la limite o~ ces mots peuvent s'appli-
quer ý un monarque profondÈment ÈgoÔste.
On ne lui refuse pas une qualitÈ vraiment sou-
veraine: le dÈsintÈressement.
   Renfermant dans le secret de son 'me une
r X


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