University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
Link to University of Wisconsin Digital Collections
The History Collection

Page View

Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome, 14 (1922)

Chapitre LXI/ Verdun,   pp. 59-[183] PDF (71.4 MB)


Page 59


CHAPITRE LXI
                                      VERDUN
Les dÈbuts de l'affaire de Verdun. - Les confÈrences de Chantilly
(dÈcembre 1915) et la prÈparation de
    la guerre dans le camp alliÈ pour 1916. - La prÈparation
de la guerre dans le camp allemand.
          Falkenhayn et son systËme. - Le commandement franÁais
fut-il surpris ý Verdun ?
                      L'organisation dÈfensive de la rÈgion
fortifiÈe de Verdun.
              ALGRS les deux victoires locales
              si chËrement achetÈes de l'Ar-
   M     \   /ttois et de Champagne, l'an-
               nÈe I9I5 se terminait, pour
               les puissances de l'Entente,
               dans des conditions assez peu
               favorables. Sur tous les fronts
               ÈloignÈs, les armÈes de la coa-
               lition  avaient ÈtÈ tenues en
               Èchec ou battues; l'armÈe russe,
               ÈprouvÈe par une longue sÈrie
               de dÈfaites, avait besoin d'Ítre
rÈorganisÈe ý fond, notamment au point de vue
matÈriel; l'armÈe serbe avait ÈtÈ emportÈe
par la
catastrophe; l'armÈe italienne Ètait immobilisÈe
devant le Carso. L'ennemi, profitant de ces
avantages, se disposait ý ramener sur le front
franÁais des effectifs ÈlevÈs. Peut-Ítre essaie-
rait-il de ressaisir  l'initiative ª. Grave prÈoc-
cupation pour le gÈnÈral en chef. Il sentait,
plus vivement que jamais, la cause d'infÈ-
rioritÈ qui pesait sur la conduite de la guerre
le manque d'unitÈ dans le commandement. On
combattait en ordre dispersÈ, sans communautÈ
d'efforts et sans une efficace organisation de la
solidaritÈ. Si l'on continuait ainsi, l'ennemi
profiterait de ses principaux avantages, ý sa.
voir sa position centrale et l'utilisation des
lignes intÈrieures: il battrait les puissances de
l'Entente l'une aprËs l'autre.
  Avant tout, il fallait trouver le moyen d'as-
surer, dans des conditions meilleures, la coor-
dination des efforts pour les opÈrations de i9i6.
Tel fut l'objet de la confÈrence de Chantilly
des 5, 6 et 8 dÈcembre i9i5.
  Nous sommes ici ý un  tournant ª trËs im-
portant de la guerre; car, il s'agit de la pre-
miËre organisation des confÈrences interalliÈes,
en attendant la constitution du commande-
ment unique. Le gouvernement franÁais d'avis
qu'il Ètait de toute nÈcessitÈ de coordonner
les efforts au Grand Quartier gÈnÈral franÁais
mais, ý cette vue, il fallait amener les autres
gouvernements, et cela Ètait d'autant plus
difficile que la dispersion des forces alliÈes
et la diversitÈ des champs d'action donnaient
,un grand poids aux objections. Nous avons dit
que le gÈnÈral GalliÈni, ministre de la Guerre,
faisant un premier pas, le 2 dÈcembre i9I5,
avait nommÈ le gÈnÈral Joffre  commandant en
chef des armÈes franÁaises ª, - l'expÈrience
actuelle prouvant, disait l'exposÈ des motifs,
que l'unitÈ de direction Ètait indispensable ý
la conduite de la guerre ª. C'Ètait la meilleure
des prÈparations ý la rÈunion de Chantilly,
convoquÈe pour le 5 dÈcembre.
59


Go up to Top of Page