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The History Collection

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Hanotaux, Gabriel, 1853-1944 / Histoire illustrée de la guerre de 1914
Tome, 1 (1915)

Chapitre II/ La politique de l'Angleterre[:] la triple entente,   pp. 27-[40] PDF (6.6 MB)


Page 27


CHAPITRE Il
   LA POLITIQUE DE L'ANGLETERRE
                 LA TRIPLE ENTENTE
La politique de l'Angleterre avant Edouard VII. - La politique de l'Angleterre
ý partir
      de l'avËnement d'dSouard VII. - L'Entente Cordiale et la Triple
Entente.
              A position prise par l'Angleterre
              ý l'Ègard de l'Allemagne de-
    1     T puis la guerre de i870 diffËre
           l  du tout au tout, selon qu'elle
               est antÈrieure ou postÈrieure
               ý l'avËnement d'Sdouard VII.
                 Dans la premiËre pÈriode,
               qui va de i870 ý i9oi, la poli-
               tique anglaise est favorable ý
               une entente avec l'Allemagne
               sur les points essentiels des
               grandes affaires internatio-
nales; dans la seconde pÈriode, l'Angleterre
Èvolue vers un rapprochement avec la Double
alliance; elle Èvolue lentement, selon les diverses
phases et nuances de (l'Entente cordiale>) pour
aboutir ý l'arrangement des Ètats-majors en
i9i2 et aux nÈgociations haletantes de I9I4.
   C'est, d'abord, une hostilitÈ non douteuse
ý l'Ègard de la France et de la Russie; mais
peu ý peu, et depuis la campagne du Made
in Germany ª, la mÈfiance ý l'Ègard
de l'Alle-
magne grandit. Longtemps, M. Chamberlain
personnifia la premiËre politique; pendant tout
son rËgne, le roi Edouard VII personnifia la
seconde. MalgrÈ tout, une certaine ambiguÔtÈ
subsista longtemps dans les desseins et les
rÈsolutions de l'Angleterre, une partie de l'opi-
nion libÈrale et mÍme une fraction du cabinet
gardant ses sympathies pour l'Allemagne.
  Le problËme qui restait posÈ Ètait celui-ci:
quelle part d'alliance comportait l'Entente, et
quelle sÈcuritÈ les dÈclarations sympathiques
du cabinet de Londres apporteraient-elles en
cas de conflit armÈ? Sur ce point capital,
l'incertitude rÈgna jusqu'au jour mÍme de la
dÈclaration de guerre; les fautes diplomatiques
de l'Allemagne dÈcidËrent, en fin de compte,
du parti vigoureux adoptÈ par l'Angleterre.
   Pour comprendre ces contrastes et ces
alternatives, il convient de prÈsenter l'enchaÓ-
nement des faits avec les rÈflexions qu'ils
suggËrent.
L'ANGLETERRE         La politique de l'Angle-
ET LA RUSSIE     terre, depuis qu'elle a Ètendu
sa domination sur le monde par la maÓtrise
de la mer, a naturellement deux objectifs :
conserver cette maÓtrise pour sauvegarder l'em-
pire, Ècarter de l'empire tout danger auquel
les flottes anglaises ne seraient pas en mesure
de parer. Il s'agit, en somme, d'assurer, ý la
Grande-Bretagne, les conditions nÈcessaires
pour dÈvelopper en paix son commerce avec
toutes les parties du monde et les moyens
de ravitailler l'archipel mÈtropolitain, qui ne
peut vivre sans garder ouvertes les voies de
la mer.
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