Page View
Chambers, William, Sir, 1726-1796. / Desseins des edifices, meubles, habits, machines, et ustenciles des Chinois. Gravés sur les originaux dessinés à la Chine... Auxquels est ajoutée une description de leurs temples, de leurs maisons, de leurs jardins, &c.
(1757)
Les maisons des Chinois., pp. 7-11
Page 8
Les Edifices des Chinois.
Les Chinois mettent en cours & en allÈes plus de la
moitiÈ du terrein des
PlancheVl.c maifons. Celles des marchands detCanton font toutes au bord
de l'eau. Elles
font Ètroites & fort longues. Il n'y a d'ailleurs aucune
diffÈrence dans la dif-
pofition de l'intÈrieur. Le rËs de chaufiÈe eft
traverfÈ darns fa longueur par une
large allÈe A, qui paffe par le milieu & s'Ètend
de la rue ý la riviËre. Les
appartemens font des deux cotÈs. Chacun d'eux confifle en
un falon B pour
recevoir les vifites, en une petite chambre ý coucher C,
& quelquefois en un
PlancheVIrl cabinet ou une Ètude D. Au devant de chaque appartement
fe trouve une
fig. z. &
Plancqhuue IX. cour E, ý l'extrÈmitÈ de laquelle il
y a d'ordinaire un vivier ou une citerne,
foupen- avec un roc artificiel au milieu. On y fait croitre des bambous ý,
& diverfes
de la ligneT. fortes de plantes. Tout ceci forme un petit paÔfýge
affez joli. La citerne ou le
vivier renferme des poiffons dorÈs quelques uns font fi
familiers, qu'ils vien-
nent fur la furface de l'eau, & fe laiffent nourir ý
la main. Les cotÈs des cours
font quelquefois ornÈs de pots ý fleur, & quelquefois
d'arbriffeaux fleuris, de
vignes, ou de bambous, qui forment des cabinets de verdure. On place
gÈnÈ-
ralement au milieu, fur un piÈdeflal, un grand vafe de porcelaine,
o~ croiffent
ces belles fleurs qu'on appelle Lien-hoa t. On tient fouvent dans
ces petites
cours des faifans, des poules de Bantam, & d'autres oifeaux
curieux.
PlancheVIII. La grande chambre ou le falon B a communÈment dix-huit
ý vingt pies
de long, & environ vingt de large. Le cotÈ qui regarde
la cour eft en-
tiËremejit ouvert; mais une nate de canes, qu'on abaiffe quand
on veut, ga-
Planchex. rantit de la pluie & des ardeurs du foleil. Le pavÈ
eft compofÈ de quartiers
fi&. 2. de pierre ou de marbre de diverfes couleurs. Les murs des cotÈs
font cou-
verts de nates ý la hauteur de trois ou quatre pies de terre.
Le refle eft
proprement garni de papier blanc, cramoifi, ou dorÈ. Au lieu
de tableaux,
les Chinois fufpendent de grandes piËces de fatin ou de papier
mifes en
cadre, & peintes en imitation du marbre ou du bambou. On y voit
Ècrites,
en caradËres d'une bkeus d'azur, des diftiques de morale &
des proverbes,
tires des ouvrages des philofophes Chinois Œ. On a quelquefois
auffi fur des
feuilles de-papier blanc tout uni, des grands cara'Ëres tracÈs
par quelque ha-
Planche X. bile main en ancre de la- Chine; & cet ornement eft fort eflimÈ.
Le fond
fig. l. du falon eft tout compofÈ de portes brifÈes, dont
le deffus eft un treillis
r-.- . .
- ci... fut c le us cannes uu de ruicaux dont le ae-
dans cf creux.
-- Ces fleurs, qui croifl&pt naturellement dans les lacs &
dans les marais, font, cotpme le dit le P. Du Halde, trËs
communes dans la province de Kiag X. Elles font fort
effimees ý la Chine. Les grands Seigneurs en confervent
dans de petits Ètangs: ils en mettent quelquefois dans de
grands vafes, o~ il y a du limon & de l'eau, qui fervent ý
parer leurs jardins ou leurs cours. Cette fleur qui s'ÈlËve
au deffus de l'eau de deux ou de trois coudÈes, reffemble
affez ý nos tulipes: elle a une petite boule foutenue par un
petit filet, affez femblable au filet qui fie trouve dans le lys.
Sa couleur ef ou violette, ou blanche, ou partie rouge &
blanche, ou enfin jaune & blanche. L'odeur en c&f trËs
agrÈable. Les feuilles font longues, unies, & formÈes en
coeur. Elles tiennent, de mÍme que les fleurs, ý la racine
par de longues queues. Quelques unes flotent fur la fur-
face, 4d'aites s'ÈlËvent au deffus de l'eau.
+ J ai apporte avec moi de la Chine plufieurs de ces in-
ficriptions, mais j'ai nÈgligÈ de me les faire expliquer. La
Planche XVII. en contient huit, que j'ai envoyÈes ý la
SociÈtÈ de la Propagande ý Rome pour y Ítre traduites.
Il y en a quatre, dont on m'a fait tenir l'interprÈtation
fuivante en Italien; les autres n'ont pu Ítre traduites. Deux
Ètoient en langue Tartare, & les deux autres trop impar-
faitement Ècrites, pour qu'on pst en trouver le fens.
Fig. i. Otto mille anni d'etý, per far la primavera.
2. Novanta mille anni, per far una legha intera.
3. Fumo di The produce una nubei che pur
diletta.
4. Piccola goccia, venticello fui pino fa tremar le
frondi d'una canetta.
5 } Infcriptions Tartares.
: } I~rcriptios Chinoifes.
couvert
This material may be protected by copyright law (e.g., Title 17, US Code).| For information on re-use, see http://digital.library.wisc.edu/1711.dl/Copyright




