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Digital Library for the Decorative Arts and Material Culture

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Chambers, William, Sir, 1726-1796. / Desseins des edifices, meubles, habits, machines, et ustenciles des Chinois. Gravés sur les originaux dessinés à la Chine... Auxquels est ajoutée une description de leurs temples, de leurs maisons, de leurs jardins, &c.
(1757)

De l'art de distribuer les jardins selon l'usage des Chinois.,   pp. 15-19 ff.


Page 15


                    Les Jardins des Chnos.
                      DE L'ART
DE DISTRIBUER LES JARDINS
     SELON L'USAGE DES CHINOIS.
     T S jardins que j'ai vus ý la Chine etoient trËs petits.
Leur ordonnance
jj    cependant, & ce que j ai pu recueillir des diverfes converfations
que
       j'ai eues fur ce fujet avec un fameux peintre Chinois nommÈ
Lepqua,
m'ont donnÈ fi je ne me trompe une connoiffance des idÈes de
ces peuples fur
ce fujet.
   La nature eft leur modee, & leur but eff d l'imiter dans toutes fes
belles
irrÈgularitÈs. D'abord ils examinent la forme du terrein; s'il
eft uni ou en pente,
s'il y a des collines ou des montagnes, s'il ef Ètendu ou reflerrÈ,
fec ou marÈe
cageux, s'il abonde en riviËres & en fources, ou fi le manque d'eau
s'y fait fentir.
Ils font une grande attention ý ces diverfes circonifances, &
choififlent les arran-
gement qui conviennent le mieux avec la nature du terrein, exigent le moins
de
frais, cachent fes dÈfauts, & mettent dans le plus beau jour tous
fes avantages
   Comme les Chinois n'aiment pas la promenade, l'on trouve rarement chez
 eux Es avenues ou les allÈes fpacieufes des jardins de l'Europe.
Tout le terrein
 eft difiribuÈ en une variÈtÈ de fcËnes, &
des paffages tournans'ouverts au milieu
 des bofquets vous font arriver aux diffÈrens points de vue, chacun
defquels ecf
 indiquÈ par un fiËge, par un Èdifice, ou par quelque
autre objet.
    La perfe6tion de leurs jardins confiffe dans le nombre, dans la beautÈ,
& dans
 la diverfitÈ de ces fcËnes. Les jardiniers Chinois, comme les
peintres EuropÈens,
 ramafient dans la nature les objets les plus agrÈables, & t'chent
de les combiner
 de maniËre, que non feulement ils paroiffent SÈparÈment
avec le plus d'Èclat,
 mais mÍme que par leur union ils forment un tout agrÈable
& frapant.
    Leurs artiffes diffinguent trois diffÈrentes efpËces de fcËnes,
auxqelles ils don-
 nent les noms de riantes, d'horribles, & d'enchantÈes. Cette
derniËre dÈnoomin.
 tion rÈpond ý ce qu'on nomme IcÈne de roman, &
nos Chinois fe fervent de divers
 artifices pour y exciter la furprife. Quelquefois ils font paffer fous terre
une
 riviÍre ou un torrent rapide, qui par fon bruit turbulent frape l'oreille
du fur-
 venant, incapable de comprendre d'o~ il vient. D'autrefois ils difpofent
les
 rocs, les b'timens, & les autres objets qui entrent dans la compofition,
de m~a-
 niËre que le vent paffant au travers des interftices & des cÙncavitÈs
qui y font
 mÈnagÈes pour cet effet, forme des fons Ètranges &
finguliers. Ils mettent dans
 tes compofitions les efpËces les plus extraordinaires d'arbres, de
plantes, & de
                                        H                            fleurs,


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